La Lituanie a officiellement demandé à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) une aide pour renforcer ses capacités de défense aérienne, après l’intrusion de deux drones militaires en provenance de Biélorussie sur son territoire, le mois dernier. Cette annonce a été faite mardi par le ministre lituanien des Affaires étrangères, Kestutis Budrys, lors d’un point presse à Vilnius.
Selon le ministère, ces violations de l’espace aérien national constituent une menace directe pour la sécurité non seulement de la Lituanie, mais de l’ensemble du flanc oriental de l’OTAN. « Cela ne doit pas être uniquement la responsabilité de la Lituanie, car nous défendons le flanc oriental de l’OTAN », a insisté Budrys, soulignant que ces événements doivent être considérés comme un test pour la solidarité au sein de l’Alliance.
Les autorités lituaniennes affirment que les drones, dont l’origine militaire ne fait selon elles aucun doute, ont traversé la frontière depuis la Biélorussie, un pays allié de la Russie, à un moment de tensions géopolitiques persistantes dans la région. Bien qu’aucun dégât n’ait été signalé, cet incident a ravivé les inquiétudes sur la vulnérabilité des États baltes face à des intrusions hybrides ou non conventionnelles.
Dans une lettre adressée au siège de l’OTAN, la Lituanie appelle à un soutien renforcé, notamment via un déploiement accru de systèmes de surveillance radar et de batteries de défense antiaérienne, ainsi qu’à une coopération plus poussée entre alliés pour assurer une réponse rapide à toute incursion future.
Ce n’est pas la première fois que Vilnius interpelle l’OTAN sur les menaces venues de l’Est. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les États baltes – Lituanie, Lettonie et Estonie – alertent régulièrement sur les risques d’escalade et appellent à une posture de dissuasion renforcée face aux provocations russes et biélorusses.
La demande lituanienne pourrait être examinée lors du prochain sommet des ministres de la Défense de l’OTAN, prévu en septembre. Dans l’intervalle, Vilnius a annoncé l’ouverture d’une enquête conjointe avec ses partenaires baltes sur les drones détectés, et renforcé temporairement sa propre surveillance aérienne.