Washington sanctionne les chefs du gang vénézuélien Tren de Aragua, qualifié d’organisation terroriste
Washington sanctionne les chefs du gang vénézuélien Tren de Aragua, qualifié d’organisation terroriste

Les États-Unis ont annoncé jeudi une série de sanctions à l’encontre des dirigeants du gang vénézuélien Tren de Aragua, un puissant réseau criminel transnational accusé de trafic de drogue, de traite d’êtres humains et de blanchiment d’argent. Le Trésor américain, par l’intermédiaire de son Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), a désigné six membres influents du groupe, dont son chef présumé, Hector Rusthenford Guerrero Flores, également connu sous le nom de « Nino Guerrero ».

Le Département d’État a par ailleurs classé le Tren de Aragua comme organisation terroriste étrangère, une désignation rare pour un groupe criminel latino-américain. Cette mesure renforce les outils juridiques à disposition des autorités américaines pour geler les avoirs des individus sanctionnés, interdire toute transaction financière avec eux et en poursuivre les éventuels soutiens.

« L’administration Trump ne permettra pas au Tren de Aragua de continuer à terroriser nos communautés et à nuire à des Américains innocents », a déclaré le secrétaire au Trésor, Scott Bessent. Il a assuré que les États-Unis restaient déterminés à « démanteler le gang et à perturber sa campagne de violence ».

Originaire du Venezuela, le Tren de Aragua a vu son influence s’étendre ces dernières années à plusieurs pays d’Amérique latine, profitant du chaos économique et social dans la région pour développer un empire criminel couvrant l’extorsion, le trafic d’armes, la prostitution forcée et la contrebande. Des cellules du groupe auraient également été détectées aux États-Unis, notamment dans le cadre d’activités liées à l’immigration clandestine.

Dans ce contexte, le président Donald Trump a ordonné l’expulsion de plus de 200 ressortissants vénézuéliens soupçonnés d’appartenir au gang, vers une prison de haute sécurité au Salvador. Il a justifié cette opération par ce qu’il qualifie de « coordination directe » entre le gang et le gouvernement de Nicolas Maduro. Bien qu’un haut responsable américain ait reconnu que le lien entre Caracas et le Tren de Aragua n’était pas nécessairement structurel, cette hypothèse continue d’alimenter la rhétorique sécuritaire de l’administration.

Ces mesures s’inscrivent dans une politique migratoire et sécuritaire particulièrement dure menée par la Maison Blanche, qui utilise la lutte contre les gangs étrangers comme levier politique et argument central dans sa stratégie de « tolérance zéro ». Le sort des personnes expulsées, transférées vers une prison du Salvador, soulève toutefois de vives préoccupations parmi les défenseurs des droits humains, qui dénoncent une absence de garanties juridiques et une logique de détention extraterritoriale opaque.

Alors que le Tren de Aragua est désormais formellement dans le viseur de Washington, la coopération régionale s’annonce déterminante pour endiguer l’emprise grandissante de ce gang sur les routes migratoires et les circuits criminels du continent.

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