Washington propose le désarmement du Hezbollah et le retrait israélien d’ici fin 2025
Washington propose le désarmement du Hezbollah et le retrait israélien d’ici fin 2025

Les États-Unis ont soumis au Liban un plan ambitieux visant à désarmer le Hezbollah d’ici la fin de l’année, selon un document confidentiel de l’ordre du jour du cabinet libanais consulté par Reuters. Cette initiative, portée par l’envoyé spécial du président Donald Trump, Tom Barrack, prévoit également la fin des opérations militaires israéliennes au Liban et le retrait des troupes israéliennes de cinq positions dans le sud du pays.

La proposition américaine, présentée jeudi lors d’une réunion du gouvernement libanais, constitue à ce jour l’effort le plus détaillé pour encadrer le désarmement progressif du Hezbollah, mouvement chiite armé et soutenu par l’Iran. Elle intervient alors que les tensions restent vives depuis la guerre de 2024 entre Israël et le Hezbollah, qui a laissé des centaines de morts et déplacé des dizaines de milliers de civils.

Le plan américain propose une série d’étapes successives, comprenant le gel des activités militaires du Hezbollah, un calendrier précis de démantèlement de ses capacités armées, ainsi qu’une supervision internationale, dont les modalités n’ont pas été rendues publiques. En contrepartie, Israël mettrait fin à ses frappes sur le territoire libanais et quitterait ses positions militaires avancées au sud de la Ligne bleue.

Cette initiative s’inscrit dans un effort diplomatique plus large, soutenu par la France, en vue de stabiliser la frontière entre Israël et le Liban. Elle intervient également alors que la Conférence économique pour le Liban, réunissant des bailleurs internationaux, entre dans sa phase finale. Le désarmement du Hezbollah est considéré comme un élément clé pour débloquer des aides financières massives conditionnées à des réformes structurelles et à un retour à la stabilité.

Toutefois, la perspective d’un désarmement du Hezbollah suscite de fortes réserves au Liban, où le mouvement reste un acteur politique et militaire puissant. Ce dernier n’a pour l’instant pas officiellement réagi à la proposition américaine, mais ses dirigeants ont systématiquement rejeté toute demande de désarmement, considérant leur arsenal comme un outil de « résistance » face à Israël.

Le cabinet libanais n’a pas encore pris de décision officielle quant à l’acceptation du plan, mais la proposition marque un tournant dans les efforts diplomatiques occidentaux pour résoudre un conflit latent vieux de plusieurs décennies à la frontière israélo-libanaise.

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