Sanctions américaines contre un juge brésilien : les banques s'interrogent, Brasilia s'insurge
Sanctions américaines contre un juge brésilien : les banques s'interrogent, Brasilia s'insurge

Les banques brésiliennes s’efforcent de mesurer l’impact des sanctions imposées par les États-Unis contre le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, accusé par Washington de violations des droits humains. Cette décision, prise au titre du Global Magnitsky Act, crée une incertitude juridique et financière majeure pour les institutions bancaires du pays, qui tentent désormais de déterminer si leurs relations avec le juge ou ses actifs pourraient les exposer à des risques juridiques ou de réputation.

Le juge Moraes, figure centrale de la justice brésilienne, préside actuellement le procès pénal de l’ex-président Jair Bolsonaro. Ce dernier est poursuivi pour avoir, selon l’accusation, participé à une tentative de coup d’État visant à annuler les résultats de l’élection présidentielle de 2022. Bolsonaro nie les faits, bien qu’il ait reconnu avoir pris part à des réunions où cette option a été discutée.

L’administration Trump a justifié ces sanctions en accusant Moraes d’avoir autorisé des détentions arbitraires et d’avoir porté atteinte à la liberté d’expression. Dans la foulée, le président américain a également révoqué le visa du juge. Cette décision intervient alors que Trump qualifie régulièrement les poursuites visant Bolsonaro de « chasse aux sorcières », en écho à ses propres démêlés judiciaires.

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a vivement dénoncé cette initiative américaine, qu’il considère comme une ingérence directe dans les affaires intérieures du Brésil et une atteinte grave à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le chef de l’État a réaffirmé son soutien à Moraes et a qualifié les sanctions de « mesures autoritaires incompatibles avec le droit international ».

Sur le plan économique, les conséquences pourraient s’élargir : les sanctions ont été accompagnées d’un décret augmentant les droits de douane sur certains produits brésiliens. Ce double signal — diplomatique et commercial — alimente les tensions entre les deux pays, alors que les entreprises brésiliennes et les acteurs financiers attendent des clarifications sur l’application concrète de ces restrictions.

Les juristes brésiliens craignent désormais un précédent aux répercussions durables. Dans les milieux diplomatiques, certains responsables estiment que cette affaire pourrait compromettre les relations bilatérales avec Washington si elle n’est pas désamorcée rapidement.

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