L’administration Trump prévoit de conclure à l’automne l’examen stratégique du pacte de défense AUKUS, une alliance trilatérale signée en 2021 entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie. L’annonce, faite mercredi par le bureau du sous-secrétaire américain à la Défense chargé de la politique, Elbridge Colby, ravive les inquiétudes à Canberra quant à l’engagement de Washington dans ce partenariat de plusieurs centaines de milliards de dollars, qui prévoit notamment la livraison de sous-marins nucléaires américains à l’Australie.
Lancé officiellement en juin dernier, cet examen a pour but de réévaluer la pertinence et la viabilité du pacte AUKUS, signé sous l’administration Biden dans un contexte géopolitique très différent. Colby, qui dirige cette évaluation, est connu pour ses critiques publiques de l’accord, qu’il juge coûteux, complexe et insuffisamment ciblé sur la dissuasion immédiate face à la Chine.
Dans une publication sur le réseau X (anciennement Twitter), le bureau de Colby a assuré que cette analyse serait une « évaluation empirique et lucide » de l’initiative. « Son objectif sera de fournir au président et à son équipe de direction une évaluation rigoureuse et factuelle de l’initiative », précise le communiqué, ajoutant que le rapport final est attendu pour l’automne.
L’accord AUKUS vise à renforcer les capacités militaires de l’Australie dans le Pacifique en lui permettant d’acquérir des sous-marins à propulsion nucléaire de conception américaine et britannique. Ce volet stratégique est vu comme un pilier de la politique d’endiguement de la Chine dans la région Indo-Pacifique. Mais l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche pour un second mandat a relancé les interrogations sur la stabilité des engagements américains à long terme.
À Canberra, certains responsables expriment déjà leur inquiétude quant à un éventuel ralentissement du programme, voire une réorientation complète de la stratégie américaine dans la région. La perspective d’un désengagement partiel ou de modifications substantielles des termes de l’accord pourrait fragiliser la crédibilité de la dissuasion occidentale face à Pékin.
Le partenariat AUKUS avait été initialement salué comme une percée majeure en matière de coopération militaire et technologique entre alliés historiques. Mais le flou autour des délais de livraison, des transferts de technologie et des coûts a régulièrement alimenté les critiques, même au sein des pays signataires.
Alors que la Chine continue d’étendre son influence militaire dans le Pacifique, l’avenir du pacte AUKUS pourrait bien dépendre des conclusions de cet examen. Reste à savoir si l’administration Trump choisira de confirmer l’engagement de son prédécesseur ou de remodeler l’alliance selon ses propres priorités stratégiques.