WASHINGTON, 4 août — Le gouvernement américain a annoncé lundi une mise à jour de sa politique d’immigration visant à restreindre l’octroi de visas pour les femmes transgenres qui souhaitent participer à des compétitions sportives féminines. Une décision qui pourrait avoir de lourdes conséquences pour les athlètes trans cherchant à s’établir ou concourir aux États-Unis.
Selon les nouvelles directives publiées par les Services américains de citoyenneté et d’immigration (USCIS), le fait qu’un athlète « de sexe masculin ait concouru contre des femmes » sera désormais considéré comme un élément défavorable lors de l’évaluation de certaines demandes de visa. Cette disposition concerne notamment les demandes de visa O-1A, destiné aux personnes aux « capacités extraordinaires », ainsi que les cartes vertes EB-1 et EB-2 réservées aux travailleurs hautement qualifiés et les dérogations pour intérêt national.
Cette réforme intervient dans un contexte politique tendu autour des droits des personnes transgenres aux États-Unis, alors que l’administration Trump intensifie les mesures visant à restreindre leur participation dans des domaines publics tels que le sport, l’éducation ou la santé. Plusieurs États américains ont déjà adopté des lois interdisant aux femmes trans de participer à des compétitions féminines, notamment dans les écoles et universités publiques.
Les nouvelles règles ne constituent pas une interdiction explicite, mais leur formulation laisse entendre que toute participation passée à des compétitions sportives féminines par une femme trans pourrait compromettre sérieusement sa demande de visa ou de résidence permanente. Aucune clarification n’a encore été donnée sur les critères exacts d’évaluation ou sur les recours possibles.
Du côté des associations de défense des droits LGBTQ+, la réaction a été immédiate. Plusieurs organisations dénoncent une politique « discriminatoire » et « politiquement motivée », qui stigmatise une population déjà marginalisée. Elles craignent également des répercussions diplomatiques si des athlètes internationaux sont écartés de compétitions organisées aux États-Unis.
Pour l’heure, l’USCIS n’a pas répondu aux questions concernant le nombre de personnes qui pourraient être affectées par cette mesure, ni sur la possibilité d’exemptions au cas par cas. Mais cette annonce marque un durcissement supplémentaire dans la politique migratoire américaine sous l’angle des débats identitaires et du sport de haut niveau.