Kilmar Abrego Garcia, ouvrier du bâtiment de 30 ans originaire du Salvador, a de nouveau été placé en détention lundi par les services d’immigration américains (ICE) à Baltimore. Son cas est devenu l’un des points de tension les plus médiatisés dans la politique de fermeté du président Donald Trump à l’égard des sans-papiers.
Quelques jours seulement après avoir retrouvé sa famille dans le Maryland, Abrego Garcia a été convoqué puis interpellé, déclenchant une nouvelle bataille juridique. Ses avocats ont déposé un recours d’urgence afin de suspendre son expulsion, affirmant que les États-Unis risquaient de l’envoyer dans un pays où « sa sécurité ne pourrait être assurée ». Ce dépôt a entraîné une suspension automatique des procédures de renvoi pour une durée de deux jours, le temps que la justice examine le dossier.
Devant les bureaux de l’ICE à Baltimore, environ 200 manifestants se sont rassemblés en soutien. Panneaux « Libérez Kilmar » à la main, ils ont scandé des slogans et prié aux côtés de l’épouse du Salvadorien. Lorsque son avocate et sa femme sont sorties du bâtiment sans lui, la foule a lancé des « Honte ! ». Abrego Garcia, qui s’était exprimé avant d’entrer, a assuré à ses soutiens, via un traducteur : « Dieu est avec nous, et Dieu ne nous abandonnera jamais. »
L’administration Trump affirme que l’homme, marié et père de famille, est lié au gang MS-13, ce qu’il dément formellement. Il fait par ailleurs face à des accusations de trafic d’êtres humains dans le Tennessee, liées à un contrôle routier en 2022. Ses avocats jugent ces poursuites « absurdes » et « vindicatives », estimant qu’elles visent à punir leur client pour avoir résisté à son expulsion.
Abrego Garcia avait déjà été expulsé en mars dernier vers le Salvador, malgré une décision de justice soulignant le danger qu’il y encourait. Détenu dans une prison réputée violente, il avait été rapatrié aux États-Unis en juin sur ordre d’un tribunal, avant d’être inculpé. Washington tente désormais de le renvoyer en Ouganda, qui a accepté d’accueillir certains expulsés. L’intéressé avait refusé une proposition d’expulsion vers le Costa Rica en échange d’un plaidoyer de culpabilité.
Pour ses partisans, ce nouvel épisode illustre les dérives d’une politique d’expulsions accélérées. « Les menaces de le renvoyer en Ouganda montrent bien le caractère politique et arbitraire de cette affaire », a dénoncé son avocat principal, Simon Sandoval-Moshenberg. Selon lui, Abrego Garcia ne doit pas être privé de son droit de contester son expulsion devant un tribunal.
Le gouvernement, de son côté, soutient que l’homme est un danger public. Le ministère de la Justice a affirmé dans un communiqué qu’il devra « répondre de ses actes » et que « la sécurité du peuple américain prime ». En attendant, la justice fédérale doit décider rapidement si Abrego Garcia pourra rester sur le sol américain en attendant son procès prévu au Tennessee.