Selon une enquête exclusive de Reuters, un groupe d’une quarantaine de hauts fonctionnaires américains issus de divers départements fédéraux poursuit activement la politique de l’administration Trump visant à “neutraliser” ce que l’ancien président appelle le « Deep State », c’est-à-dire l’appareil bureaucratique qu’il accuse de saboter ses initiatives.
D’après plusieurs sources proches du dossier, ces responsables coordonnent leurs actions pour appliquer un décret signé par Donald Trump peu après son retour à la Maison-Blanche, autorisant une révision profonde des agences gouvernementales afin de remplacer les cadres considérés comme hostiles à son programme politique. Le Bureau du directeur du renseignement national (ODNI) a confirmé que le groupe avait été formé pour “mettre en œuvre le décret sur la dépolitisation de la bureaucratie”, bien que des critiques y voient plutôt un instrument de représailles.
Un climat de revanche politique
Toujours selon les documents consultés par Reuters, ce réseau informel s’intéresse particulièrement aux responsables impliqués dans les enquêtes passées sur le rôle de la Russie dans l’élection de 2016, ainsi qu’aux poursuites judiciaires liées à l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021. Plusieurs proches de l’ancien président souhaiteraient que les auteurs de ces procédures fassent l’objet d’audits ou de mutations internes.
Des juristes et anciens hauts fonctionnaires ont exprimé leurs inquiétudes face à ce qu’ils décrivent comme une “chasse aux sorcières institutionnelle”, susceptible d’affaiblir la neutralité de l’administration fédérale.
Pour les partisans de Donald Trump, au contraire, il s’agit de “restaurer la loyauté au sein de l’État” et de purger les structures perçues comme hostiles à sa présidence.
Cette initiative, sans précédent depuis des décennies, pourrait redéfinir durablement les rapports entre le pouvoir politique et l’appareil d’État américain, à un moment où la polarisation atteint son paroxysme à Washington.