Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a présenté vendredi 27 février aux syndicats un « plan investigation » destiné à relancer la filière enquête de la police nationale. L’objectif affiché est de renforcer les capacités d’enquête et d’améliorer la prise en charge des victimes, alors que près de 3 millions de procédures judiciaires sont en attente de traitement, deux ans après la réforme de l’organisation policière.
Parmi les 125 mesures annoncées figurent le recrutement de 700 enquêteurs supplémentaires et la création d’une école dédiée à l’enquête. Le plan prévoit également l’instauration d’une prime mensuelle brute de 150 euros pour les 31 500 agents de la filière investigation, ainsi qu’une prime de haute technicité de 125 euros pour 1 900 agents. Des actions de modernisation des outils numériques sont aussi annoncées afin d’alléger la charge administrative.
Des syndicats globalement favorables
Plusieurs organisations syndicales ont salué ces annonces, tout en estimant les effectifs encore insuffisants. Le syndicat Un1té police a évoqué « un début conséquent » malgré un manque estimé à 2 000 enquêteurs supplémentaires. Alliance, premier syndicat de la profession, a également jugé que « le signal est là » dans un contexte budgétaire contraint, tout en appelant à la vigilance sur la gestion des ressources humaines et le stock de dossiers.
La filière investigation reste marquée par les tensions liées à la réforme portée sous le précédent ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui a placé l’ensemble des services départementaux sous l’autorité d’un directeur unique dépendant du préfet. Une évolution critiquée par une partie de la police judiciaire et par des magistrats, qui redoutaient un affaiblissement des compétences spécialisées.