À Moulin-sous-Touvent, dans l’est de l’Oise, une pollution inquiétante a été constatée le mardi 19 août au soir. Gendarmes, pompiers et policiers de l’environnement ont été appelés en urgence après la découverte d’un liquide marron, visqueux et particulièrement odorant s’échappant d’une ancienne décharge. Il s’agissait de lixiviat, ce « jus de déchets » qui se forme au cœur des amas d’ordures et qui ne devrait jamais se retrouver à l’air libre. Selon Hervé Lefranc, président de l’association des Rencontres du patrimoine et de la biodiversité de Tracy-le-Val, cette fuite représente un danger réel pour l’environnement local. « C’est le jus qui percole dans le lit d’ordures et qui ne doit pas aller dans la nature », a-t-il rappelé, dénonçant un dysfonctionnement majeur dans la gestion du site.
Des associations saisissent la justice
Face à cette pollution, quatre associations de protection de l’environnement ont décidé de porter plainte. Elles reprochent aux responsables du site un défaut de surveillance et d’entretien, estimant que cette fuite aurait pu être évitée. Les inquiétudes portent notamment sur les sols et les nappes phréatiques, susceptibles d’être contaminés par ce liquide chargé de substances nocives. L’affaire relance le débat sur la sécurité des anciennes décharges, dont beaucoup, mal confinées, continuent de polluer des années après leur fermeture. Pour les associations, cette nouvelle fuite démontre que les risques avaient été largement sous-estimés et que des mesures de contrôle renforcées s’imposent. Une enquête est désormais ouverte pour déterminer l’ampleur de la contamination et établir les responsabilités. En attendant, les associations réclament des analyses complètes et une dépollution rapide afin de limiter l’impact sur l’environnement et la santé des riverains.