Lozère : déjà trois loups abattus en juin, un été sous tension
Lozère : déjà trois loups abattus en juin, un été sous tension

L’été débute à peine que le ton est donné : en l’espace de trois semaines, trois loups ont été abattus en Lozère, un record jamais atteint à ce stade de la saison. Si des tirs encadrés avaient déjà eu lieu les années précédentes, ce mois de juin 2025 marque un tournant dans la gestion du prédateur, au cœur d’un département où les tensions entre éleveurs et grands carnivores ne cessent de croître. Le dernier tir en date a eu lieu dans la nuit du 26 au 27 juin, mené par un lieutenant de louveterie dans le cadre des autorisations préfectorales. Avant cela, un premier loup avait été tué dès le 5 juin sur le causse Méjean, suivi d’un second le 20 juin, également dans le cadre d’un tir de défense validé par arrêté.

Attaques en hausse et riposte administrative

Le bilan dressé par la préfecture depuis le début de l’année est alarmant : 48 attaques recensées sur les troupeaux, 35 d’entre elles ayant conduit à des indemnisations pour un total de 112 victimes, dont 77 bêtes tuées et 35 blessées. Une pression constante sur les élevages qui justifie, selon les autorités, l’intensification des tirs. Déployée début juin, la brigade mobile d’intervention pour les grands prédateurs a été mobilisée dès son arrivée. Elle est chargée d’assister les agriculteurs et les lieutenants de louveterie dans les dispositifs de défense. Le nombre élevé de prédations en quelques semaines a conduit les services de l’État à convoquer un comité grands prédateurs le 1er juillet. Objectif : faire un point précis sur la situation et ajuster les dispositifs de protection des troupeaux. Si les tirs sont réalisés dans le cadre légal, leur multiplication interroge sur l’évolution de la stratégie adoptée en Lozère. La répétition des abattages pourrait bien inaugurer un changement de ton durable, alors que la cohabitation entre pastoralisme et faune sauvage devient de plus en plus difficile à maintenir.

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