L’hippodrome de Vincennes s’ouvre à la promenade : huit hectares rendus à la ville
L’hippodrome de Vincennes s’ouvre à la promenade : huit hectares rendus à la ville

C’est un bastion longtemps resté fermé qui s’apprête à tomber. D’ici 2030, l’hippodrome de Paris-Vincennes, temple des courses de trot, cédera huit hectares de son enceinte aux promeneurs. Une promenade publique traversera le site du sud-ouest au nord-est, en dehors des jours de compétition. Une révolution urbaine et symbolique dans une capitale en mal de respiration. Sur les 48 hectares que compte l’hippodrome, ces huit hectares rétrocédés marquent une étape majeure dans la stratégie de verdissement menée par la Ville de Paris, qui s’est engagée à créer 300 hectares d’espaces verts d’ici à 2040. Après le champ de courses d’Auteuil, dont la pelouse centrale avait été transformée en parc paysager en 2013, Vincennes devient à son tour une cible stratégique. Un nouveau pan du foncier public, jusqu’ici sanctuarisé, devient terrain d’usage partagé.

Un nouveau souffle pour un site vieillissant

La transformation est intégrée à la nouvelle concession attribuée à la Société d’encouragement à l’élevage du trotteur français (SETF), renouvelée pour trente ans. Le projet prévoit des panneaux d’information sur la biodiversité, une école du vélo, un pôle d’agriculture urbaine, et même le plus haut mur d’escalade d’Île-de-France. En bonus : six poneys en écopâturage et des activités pour les enfants. Budget total des travaux : plus de 60 millions d’euros. Jusqu’à présent, les non-initiés ne pouvaient approcher que lors des festivals ou des quelque 150 réunions hippiques annuelles. Le reste du temps, un vigile filtrait l’entrée et les hauts grillages dissuadaient les curieux. « Les jours sans course, c’est fermé, point », lâche sobrement un agent de sécurité. 

Une absurdité pour certains riverains, une joie pour d’autres

 « Ce serait agréable de s’y promener. C’est quand même un site mythique ! », glisse une habitante en longeant l’étang voisin. Consciente de la nécessité de rajeunir le public et d’amortir les coûts de gestion, la Ville parie aussi sur la diversification : bars, restaurants et événements festifs sont en ligne de mire. Avec l’essor du Peacock Society ou du festival Yardland, la tendance est claire : faire vibrer l’hippodrome autrement que sous le sabot des trotteurs. Faire tomber les grilles d’un bastion séculaire sans renier sa vocation première, tel est l’équilibre recherché. Vincennes ne sera plus seulement un sanctuaire hippique : il deviendra un lieu de vie, actif 365 jours par an.

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