Ille-et-Vilaine : mobilisation en vue contre l’aménagement du site mégalithique de la Roche-aux-Fées
Ille-et-Vilaine : mobilisation en vue contre l’aménagement du site mégalithique de la Roche-aux-Fées

Dans le petit village d’Essé, près de Vitré, le projet de réaménagement du célèbre site de la Roche-aux-Fées cristallise les tensions. Alors que la communauté de communes a relancé en 2025 un projet modifié pour valoriser ce monument préhistorique classé depuis 1840, un collectif local et une association environnementale s’y opposent fermement. Une mobilisation est d’ores et déjà annoncée pour le dimanche 24 août.

Un site millénaire menacé selon les opposants

Longue de 20 mètres, l’allée couverte de la Roche-aux-Fées attire chaque année 25 000 visiteurs. Mais pour le collectif éponyme et l’association La Nature en Ville, le projet de requalification envisagé par Roche aux Fées communauté trahit la vocation patrimoniale du lieu. Ces détracteurs accusent la collectivité de chercher à « marchandiser au maximum le dolmen », avec notamment la création de parkings pour les cars de touristes, un verger et une recomposition végétale autour d’une zone d’accueil. Selon eux, ces aménagements porteraient atteinte à la biodiversité, fragiliseraient les structures du site et accentueraient les risques de fissures dues au piétinement et aux vibrations. La coupe d’arbres prévue pour les travaux cristallise particulièrement la colère. Ils redoutent aussi une explosion de la fréquentation, estimée à 35 000 visiteurs par an dans les documents du permis d’aménager.

Une pétition massive et un recours gracieux

Le projet avait déjà été retoqué une première fois après une pétition signée par plus de 49 000 personnes. Malgré la validation du nouveau dossier par la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et l’Architecte des Bâtiments de France, les opposants dénoncent un manque de transparence, des documents insuffisamment détaillés et des enjeux patrimoniaux mal pris en compte. Début juin, ils ont adressé un recours gracieux à la collectivité, qui maintient que toutes les précautions ont été prises. Elle souligne avoir reçu un feu vert de la DRAC, daté des 5 février et 7 mars 2025, et affirme sa volonté de « préserver au maximum le monument et son écrin de verdure ». Insatisfaits par ces réponses jugées « insuffisantes », les défenseurs du site entendent durcir leur mobilisation. Une action publique est prévue le 24 août prochain, alors que les travaux pourraient débuter dès la fin de l’année. Pour eux, il ne s’agit pas seulement de protéger des pierres, mais de préserver une mémoire millénaire et un paysage vivant.

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