La Russie a annoncé la tenue de nouvelles discussions sur la sécurité avec les États-Unis et l’Ukraine à Abou Dhabi, tout en soulignant qu’aucune paix durable ne serait possible sans un règlement préalable de la question territoriale. Cette position a été réaffirmée après une réunion nocturne de plusieurs heures entre le président russe Vladimir Poutine et trois envoyés américains au Kremlin.
Selon le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, les échanges, entamés peu avant minuit, ont duré environ quatre heures et ont été « substantiels, constructifs et très francs ». Ils ont permis de s’entendre sur les prochaines étapes diplomatiques, sans toutefois déboucher sur une percée majeure dans les négociations visant à mettre fin à la guerre en Ukraine.
Moscou a confirmé que des pourparlers trilatéraux sur la sécurité se tiendraient aux Émirats arabes unis, sous la direction de l’amiral Igor Kostyukov pour la délégation russe. En parallèle, des discussions bilatérales russo-américaines distinctes porteront sur des questions économiques, avec la participation de l’envoyé spécial russe pour les investissements, Kirill Dmitriev.
Le Kremlin a cependant insisté sur le fait que le dossier territorial reste central. Iouri Ouchakov a rappelé que, sans un accord conforme à la « formule » évoquée lors du sommet Trump-Poutine en Alaska l’an dernier, il n’y aurait « aucun espoir » d’un règlement durable. La Russie exige notamment que l’Ukraine cède l’ensemble de la région de Donetsk qu’elle contrôle encore, une demande catégoriquement rejetée par Kiev.
Tout en affirmant que Moscou était « sincèrement intéressée » par une solution diplomatique, le conseiller du Kremlin a averti que la Russie poursuivrait ses objectifs militaires tant qu’aucun accord ne serait trouvé. Il a ajouté que les forces russes conservaient l’initiative stratégique sur le terrain, malgré le coût élevé des combats.
Ces déclarations interviennent alors que l’Ukraine traverse l’hiver le plus rigoureux depuis le début du conflit, sous le coup de frappes russes massives contre ses infrastructures énergétiques, provoquant de longues coupures de courant et de chauffage. Kiev cite ces attaques comme la preuve que Moscou n’a pas de réelle volonté de paix, une accusation rejetée par les autorités russes.
Les discussions à venir à Abou Dhabi s’inscrivent dans les efforts intensifiés de l’administration américaine pour mettre fin à un conflit qui dure depuis près de quatre ans. Si Washington affiche un certain optimisme, la fermeté russe sur les questions territoriales continue de constituer l’obstacle majeur à toute avancée décisive vers un accord de paix.