Nvidia prépare une puce Blackwell IA moins performante et moins chère pour contourner les restrictions américaines en Chine
Nvidia prépare une puce Blackwell IA moins performante et moins chère pour contourner les restrictions américaines en Chine

PEKIN/TAIPEI – Face aux restrictions croissantes imposées par les États-Unis sur ses exportations vers la Chine, Nvidia s’apprête à lancer une nouvelle puce d’intelligence artificielle spécialement conçue pour le marché chinois. Selon des sources proches du dossier, ce processeur de nouvelle génération, basé sur l’architecture Blackwell, sera nettement moins cher que son prédécesseur H20, interdit d’exportation depuis avril.

La nouvelle puce, dont le nom commercial n’a pas encore été confirmé mais qui pourrait s’appeler RTX 6000D ou B40, devrait être vendue entre 6 500 et 8 000 dollars — bien en deçà des 10 000 à 12 000 dollars exigés pour le modèle H20. Sa production de masse devrait commencer dès juin, selon trois sources anonymes.

Cette puce se distingue par des spécifications volontairement limitées pour rester dans le cadre des règles américaines. Elle utilisera une mémoire GDDR7 conventionnelle, au lieu des modules à bande passante élevée (HBM), et ne nécessitera pas l’encapsulation avancée CoWoS du fondeur taïwanais TSMC. Nvidia contourne ainsi les limitations imposées par les États-Unis sur la bande passante mémoire, désormais plafonnée à environ 1,8 téraoctets par seconde — une capacité essentielle pour les traitements d’IA.

Nvidia, qui réalise encore 13 % de son chiffre d’affaires en Chine, tente pour la troisième fois d’adapter ses produits aux restrictions américaines. L’échec du projet de version dégradée du H20 a conduit à cette nouvelle conception, basée sur la plus récente architecture Blackwell. Le PDG Jensen Huang a indiqué que l’ancienne architecture Hopper ne permettait plus d’ajustements compatibles avec les nouvelles régulations.

En parallèle, une autre variante de la puce Blackwell destinée à la Chine est en préparation pour septembre. Si les spécifications de cette deuxième version restent floues, elle devrait viser à maintenir Nvidia dans la course face à Huawei, dont la puce Ascend 910B grignote rapidement des parts de marché.

La pression réglementaire a déjà coûté cher à Nvidia, qui a dû radier 5,5 milliards de dollars de stocks et renoncer à 15 milliards de ventes potentielles. Selon Jensen Huang, la part de marché de Nvidia en Chine est passée de 95 % avant les restrictions de 2022 à environ 50 % aujourd’hui, une tendance qui pourrait s’accentuer si les interdictions américaines persistent.

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