Municipales 2026 à Lyon: Grégory Doucet résiste, la Métropole vacille
Municipales 2026 à Lyon: Grégory Doucet résiste, la Métropole vacille

Dimanche soir, Jean-Michel Aulas a vu son pari municipal perdre de son panache. Donné plus haut il y a quelques semaines, l’ancien patron de l’OL est finalement devancé à Lyon par Grégory Doucet, conforté là où beaucoup attendaient un vote sanction.

Coup de théâtre ? Pas tout à fait. Depuis la création de la Métropole en 2018, le vrai centre de gravité n’est plus seulement l’Hôtel de Ville mais cette collectivité au budget proche de 4 milliards d’euros, capable de faire et de défaire les politiques de mobilité, d’aménagement et de grands travaux. Or, à l’échelle métropolitaine, l’air devient nettement plus frais pour les écologistes de Bruno Bernard, bousculés par un premier tour qui dessine une fracture claire entre le duo Lyon Villeurbanne et une première couronne nettement plus à droite.

La revanche des périphéries sur l’écologie des centres

Sur le terrain, le message venu des communes périphériques ressemble à une addition présentée en plein milieu du repas: le coût politique des décisions sur la voiture, les travaux et les restrictions de circulation. Le maire LR de Bron, Jérémie Bréaud, réélu avec 55,5%, résume le ressentiment en une formule qui claque: «les habitants, qui ont besoin de leur voiture, ont subi de plein fouet les décisions unilatérales des écologistes».

Grand Coeur lyonnais, la formation d’Aulas, engrange déjà des sièges au conseil du Grand Lyon, portée par les bastions LR de l’est et de l’ouest et se retrouve en position de jouer la prise de la Métropole si quelques circonscriptions basculent, notamment dans le sud et sur Rhône-Amont. À gauche, l’arithmétique oblige à regarder vers LFI, que Bruno Bernard appelle à «prendre ses responsabilités», avec le risque de s’offrir une minorité de blocage à domicile… et, au bout du compte, un maire de Lyon réélu mais privé des leviers métropolitains pour sa zone à trafic limité, ses tramways et ses grands chantiers. La ville peut encore applaudir, la Métropole, elle, s’apprête peut-être à changer de main.

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