Une équipe de recherche dirigée par des scientifiques de l’Université d’Hawaï (États-Unis) suppose que l’univers pourrait tourner très lentement, ce qui pourrait aider à résoudre ce qu’on appelle la « tension de Hubble », un problème qui préoccupe les scientifiques depuis des décennies.
La tension de Hubble fait référence à la contradiction entre deux méthodes de mesure du taux d’expansion de l’univers (la constante de Hubble). La première méthode repose sur des observations locales, notamment des supernovas et des galaxies proches, et indique un taux d’expansion plus rapide. La seconde méthode se base sur les mesures de l’univers primordial, c’est-à-dire à partir des données du fond diffus cosmologique (la lueur du Big Bang), et indique un taux plus lent.
Puisque presque tout en cosmologie dépend du taux d’expansion de l’univers, cette contradiction engendre par conséquent une confusion dans les résultats obtenus par les scientifiques, remettant en question notre compréhension actuelle de la cosmologie. Cela pourrait indiquer que les modèles utilisés pour comprendre et interpréter la nature de l’univers sont peut-être incomplets.
Selon l’étude, publiée dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, les chercheurs proposent que l’univers, en tant que masse unifiée, pourrait posséder un très léger mouvement de rotation — environ un tour complet tous les 500 milliards d’années — ce qui rendrait son observation directe très difficile.
En modifiant les théories cosmologiques standards pour y intégrer un composant rotatif, les chercheurs ont constaté que ce modèle ajusté correspond aux observations astronomiques actuelles. De plus, il permettrait de concilier les différentes mesures de la constante de Hubble.
Dans la théorie de la relativité générale, qui constitue le cœur de la cosmologie contemporaine, une masse en rotation (même l’univers entier) peut tordre la trame de l’espace-temps — un effet appelé « traînée d’inertie ». Pour mieux comprendre cette idée, imaginez une boule de fer tournant dans un récipient rempli de miel : elle entraîne le miel autour d’elle dans un mouvement de rotation. Il en va de même dans l’espace autour des objets massifs.
Dans ce contexte, l’étude examine cet « univers tordu » à l’aide d’outils mathématiques, et montre qu’il ne s’étendrait pas de façon parfaitement uniforme dans toutes les directions. Certaines régions sembleraient s’étendre plus rapidement ou plus lentement, selon l’endroit et la manière dont on les observe. Cela pourrait contribuer à expliquer la tension de Hubble, où l’on observe une différence entre les mesures provenant des galaxies proches et celles du rayonnement du fond cosmologique lointain.
À ce jour, il n’existe pas d’observations directes confirmant cette hypothèse de rotation cosmique. C’est pourquoi les chercheurs soulignent que leur proposition nécessite encore des recherches approfondies, notamment pour trouver des moyens de la vérifier expérimentalement.
Si cette hypothèse s’avère correcte, les scientifiques devront reconsidérer les modèles cosmologiques actuels. La rotation introduirait alors un nouvel aspect fascinant dans le mystère de la structure et de l’origine de l’univers.