WASHINGTON — Les frappes aériennes lancées par les États-Unis contre les installations nucléaires iraniennes n’ont pas atteint leur objectif principal et n’ont retardé le programme nucléaire de Téhéran que de quelques mois, selon une première évaluation des services de renseignement américains relayée mardi par plusieurs sources proches du dossier.
Cette évaluation préliminaire, émanant de la Defense Intelligence Agency (DIA), a été partagée avec Reuters par trois sources au fait des informations classifiées. Selon l’une d’elles, les stocks d’uranium enrichi de l’Iran n’ont pas été détruits, et les dégâts infligés seraient minimes, repoussant les capacités nucléaires du pays d’un à deux mois seulement.
Cette révélation intervient alors qu’un cessez-le-feu fragile, négocié par le président Donald Trump, semble tenir entre Israël et l’Iran, après douze jours d’escalade militaire. Les deux pays ont toutefois revendiqué la victoire. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a affirmé que les objectifs de guerre avaient été atteints, citant la destruction de sites nucléaires majeurs. De son côté, le président iranien Ebrahim Raïssi a salué la résistance de son pays face à ce qu’il a qualifié d’« agression américaine illégale ».
Malgré la rhétorique triomphante des deux camps, les marchés financiers ont salué la trêve. Les prix du pétrole ont chuté en réaction à la désescalade, tandis que les principales places boursières ont enregistré une nette reprise.
La frappe américaine la plus notable a visé des installations sensibles comme les sites d’enrichissement de Natanz et d’Ispahan, ainsi que le réacteur à eau lourde d’Arak. Toutefois, selon les premières analyses, l’attaque n’aurait pas neutralisé de manière significative la capacité de l’Iran à produire de l’uranium enrichi, élément central dans la fabrication potentielle d’une arme nucléaire.
Les responsables américains n’ont pas officiellement commenté ces évaluations, mais l’administration Trump soutient que les frappes ont permis de « réduire la menace immédiate » tout en ouvrant la voie à une solution diplomatique. Ce constat soulève néanmoins des questions sur l’efficacité de la stratégie militaire face à un programme nucléaire profondément enfoui, dispersé et redondant.
Alors que les discussions diplomatiques reprennent timidement, l’incertitude demeure quant à la véritable ampleur des dégâts et à la capacité de l’Iran à reconstituer rapidement ses installations, dans un contexte de tension persistante au Moyen-Orient.