Une momie égyptienne, connue sous le nom de « la dame mystérieuse », continue de susciter un grand débat dans les milieux scientifiques. Des recherches successives ont révélé des détails contradictoires concernant la nature de sa mort et son état de santé.
Cette momie, datant du Ier siècle avant J.-C., a été découverte dans la ville de Louxor (l’ancienne Thèbes), avant d’être transférée à l’Université de Varsovie en Pologne en 1826. Bien qu’elle ait été déplacée depuis plus d’un siècle, elle n’a fait l’objet d’études scientifiques approfondies que récemment. En 2021, une équipe de recherche du projet « Momies de Varsovie » a effectué des examens avancés à l’aide de radiographies et de tomodensitométrie (scanner). Au départ, il était supposé que la momie appartenait à un prêtre masculin, mais les analyses ont prouvé qu’il s’agissait d’une femme dans la vingtaine, qui était enceinte de six ou sept mois.
Les chercheurs ont affirmé que les images montraient un fœtus mal conservé, ce qui a soulevé des questions sur les conditions de santé de la femme avant sa mort.
Plus tard, les scientifiques ont suggéré qu’un manque d’oxygène et une acidité élevée dans l’utérus auraient pu causer la « dégradation » du fœtus, entraînant la dissolution de ses os au fil du temps. Les examens ont également évoqué la possibilité qu’elle ait souffert d’un cancer du nasopharynx, ce qui aurait pu entraîner sa mort.
Cependant, ces résultats n’ont pas fait l’unanimité. L’experte en radiologie et spécialiste des momies, Sahar Selim, a remis en question ces hypothèses. Dans une interview avec Live Science en 2022, elle a affirmé que l’équipe de Varsovie n’avait trouvé aucune preuve anatomique soutenant la présence d’un fœtus. Elle était convaincue que les structures apparentes dans l’abdomen de la momie n’étaient que des paquets de bandelettes de momification.
Pour résoudre ce conflit, une équipe de 14 chercheurs de l’Université de Varsovie, dirigée par l’archéologue Kamila Bruzińska, a réexaminé plus de 1300 images de la momie prises en 2015, dans le but de réévaluer les preuves concernant la grossesse ou le cancer.
Après une analyse approfondie, les chercheurs ont conclu qu’il n’y avait pas de fœtus et que la substance précédemment interprétée comme un fœtus en décomposition n’était en réalité qu’une partie du processus de momification. Les scientifiques ont également réfuté l’hypothèse de la « dégradation » du fœtus, expliquant que les acides présents dans le corps ne suffisent pas à dissoudre les os, surtout après la momification.
Concernant l’hypothèse du cancer, aucun expert n’a pu trouver de preuves évidentes pour soutenir cette théorie.
Certains ont suggéré que les lésions visibles sur le crâne de la momie pourraient être le résultat du retrait du cerveau lors du processus de momification, et non d’une tumeur cancéreuse.
Sur la base de cet accord scientifique, les chercheurs ont confirmé que cette étude devrait clore définitivement le débat sur le premier cas présumé de grossesse dans une momie égyptienne ancienne, ainsi que sur les allégations de cancer du nasopharynx.