L’Assemblée nationale a entamé mercredi soir l’examen de la proposition de loi portée par Gabriel Attal visant à durcir la justice des mineurs. Ce texte, qui s’inscrit dans la lignée des mesures annoncées lorsqu’il était Premier ministre, entend répondre aux violences urbaines de l’été 2023 et renforcer la responsabilité des mineurs délinquants ainsi que de leurs parents.
Parmi les mesures phares, la possibilité de comparution immédiate pour les mineurs dès 16 ans en cas de faits graves, la suppression automatique de l’excuse de minorité pour certaines infractions et un durcissement des sanctions envers les parents. L’ancien chef du gouvernement, désormais redevenu député, espère ainsi imposer une ligne plus ferme en matière de justice juvénile.
Le texte bénéficie du soutien du gouvernement et de la majorité présidentielle, mais suscite une vive opposition à gauche, qui l’accuse de s’inspirer des idées de l’extrême droite. En commission, la gauche était parvenue à en atténuer plusieurs dispositions, mais Gabriel Attal a réintroduit les mesures supprimées via des amendements.
Le Rassemblement national, quant à lui, s’est montré plutôt favorable à cette réforme, estimant qu’elle va « dans le bon sens », bien que certains élus jugent qu’elle ne va pas assez loin.
Ce projet de loi constitue un test politique pour Gabriel Attal, en quête d’un rebond après les difficultés rencontrées par son parti lors des dernières élections. La présence massive des députés macronistes lors des débats traduit l’importance stratégique de ce texte pour l’exécutif. L’examen devrait se poursuivre jeudi matin avant un vote décisif.