Après des mois de bras de fer politique et judiciaire, TikTok a trouvé la parade pour rester accessible aux États-Unis. La plateforme a officialisé la création d’une coentreprise de droit américain chargée de piloter ses activités locales, une décision qui écarte la menace imminente d’une interdiction et met fin à une saga ouverte sous l’administration Biden.
Baptisée TikTok USDS, cette entité est majoritairement détenue par des investisseurs américains, tandis que le groupe chinois ByteDance conserve une participation minoritaire inférieure à 20 %, conformément aux exigences de la loi américaine. La nouvelle structure revendique plus de 200 millions d’utilisateurs et promet des garanties renforcées sur la protection des données, la sécurité de l’algorithme et la modération des contenus.
Une gouvernance américaine sous surveillance politique
La coentreprise sera dirigée par Adam Presser, ancien cadre de TikTok, sous la supervision d’un conseil d’administration dominé par des représentants américains. Plusieurs investisseurs proches de Donald Trump figurent au capital, dont Oracle, chargé d’héberger les données des utilisateurs américains, ainsi que des fonds comme Silver Lake ou Dell. Le président américain a publiquement salué l’accord, affirmant avoir obtenu l’aval de Pékin.
Si TikTok conserve la gestion de certaines fonctions commerciales et l’interopérabilité mondiale de la plateforme, Washington estime avoir sécurisé l’essentiel : empêcher toute influence étrangère sur l’algorithme et les données. Reste à savoir si cette solution durable apaisera définitivement les soupçons politiques autour du réseau social le plus scruté du pays.