Le départ de Carlos Tavares de la tête de Stellantis ne passe pas inaperçu. Évincé fin 2024 après une année catastrophique pour le groupe automobile, l’ex-directeur général s’en va avec une enveloppe globale de 12 millions d’euros, malgré un vote d’opposition significatif de la part des actionnaires qui lui fait perdre 10 millions supplémentaires au passage.
Un parachute doré malgré des performances en chute libre
La rémunération totale de Tavares pour l’année 2024 s’élève à 23,1 millions d’euros, en forte baisse par rapport aux 36,5 millions de l’année précédente. Cette contraction s’explique par la part variable liée aux résultats, plombés par une chute de 70 % du bénéfice net du groupe, tombé à 5,5 milliards d’euros. L’indemnité de départ comprend 2 millions d’euros, auxquels s’ajoute un bonus de 10 millions censé récompenser une étape de transformation du groupe. Un second bonus équivalent de 10 millions lui a été refusé. Les actionnaires, pour la troisième année consécutive, ont exprimé leur mécontentement : 33 % d’entre eux ont voté contre la politique de rémunération. Une opposition en léger recul par rapport aux années précédentes, mais toujours significative. Toutefois, la structure juridique du groupe, basé aux Pays-Bas, ne rend pas ce vote contraignant.
Une sortie critiquée jusque dans les rangs des investisseurs
Pour des groupes comme AllianzGI ou Proxinvest, cette indemnité est injustifiable. Ces acteurs dénoncent un traitement disproportionné au regard des résultats du groupe et soulignent le caractère volontaire de la démission de Tavares, qui n’aurait donc, selon eux, pas dû donner lieu à un quelconque versement. Malgré les profits records enregistrés lors de ses premières années de mandat, l’exercice 2024 aura fragilisé le bilan du dirigeant. En partant avec une indemnité élevée alors que les résultats déclinent et que les salaires des employés baissent, Carlos Tavares laisse derrière lui une colère froide qui dépasse le seul périmètre des comptes.