Les soldes d’été s’achèvent ce mardi 22 juillet sur une note morose pour les commerçants. Selon les données de l’Alliance du Commerce, les ventes en magasin ont chuté de 5 % par rapport à 2024, tandis que les ventes en ligne ont reculé de 3 %. Seule la capitale tire son épingle du jeu, avec un rebond de 3 %, après une année 2024 plombée par les Jeux olympiques. Les fortes chaleurs, la concurrence des ventes privées et un changement des habitudes d’achat expliquent en partie ce recul.
Une période bousculée par la météo et les nouvelles pratiques
Le démarrage des soldes, débuté le 25 juin, a coïncidé avec une vague de chaleur qui a freiné la fréquentation en boutique. De plus, la météo clémente du printemps aurait incité de nombreux Français à anticiper leurs achats. Les ventes privées, désormais omniprésentes, grignotent aussi l’attrait traditionnel des soldes, selon une étude du Crocis. Malgré cela, les professionnels du secteur restent attachés à cette période qui demeure un repère commercial collectif, même si son impact semble émoussé.
Certains appellent à repenser le calendrier des soldes, en les positionnant plus tard dans la saison, pour mieux correspondre aux besoins des consommateurs et aux réalités du stock. Pierre Talamon, de la Fédération nationale de l’habillement, évoque un nécessaire « changement de paradigme » vers un modèle de consommation plus réfléchi. Le début d’année avait pourtant été encourageant, avec une hausse de 1,7 % des ventes au premier semestre.
Enfin, la concurrence féroce des géants asiatiques comme Shein et Temu inquiète de plus en plus les professionnels français. Le président de la Fédération du prêt-à-porter féminin, Yann Rivoallan, espère l’adoption rapide de la loi anti-fast fashion à l’automne. Il estime qu’aucune réforme sérieuse des soldes ne sera possible tant que ces plateformes continueront de dominer le marché sans les mêmes contraintes.