Le PDG de Safran ne veut plus entendre parler de villes dirigées par des majorités écologistes. Devant la commission d’enquête parlementaire sur les obstacles à la réindustrialisation, Olivier Andriès a lâché une déclaration qui claque : « Je bannirai toute proposition d’installation venant d’une municipalité écologiste. » Le ton est donné. Pour lui, c’est clair : là où l’on jette des tomates, il n’y aura pas d’usine. Le dirigeant du géant de l’aéronautique n’a pas digéré l’épisode rennais. En février 2024, Safran devait y ouvrir une fonderie d’aubes de turbine. Cinq cents emplois étaient à la clé. Mais l’annonce a viré à la foire d’empoigne politique. Des élus écologistes locaux ont dénoncé un projet polluant, en lien avec le secteur militaire et contraire aux ambitions climatiques de la ville. Une opposition jugée violente par le patron de Safran, qui assure que les critiques sont allées jusqu’à des jets de tomates. Résultat : une rancune tenace et une stratégie assumée de boycott.
Pas de polémique, juste une ligne rouge
Officiellement, Andriès insiste : sa position n’est pas politique. Il parle d’environnement économique, de conditions d’accueil, de fiabilité des partenaires publics. « Si c’est pour se faire accueillir à coups de légumes, ce n’est pas la peine », lâche-t-il. L’incident rennais est devenu pour lui un cas d’école, un point de bascule dans ses choix futurs d’investissement. Cette sortie musclée a rapidement été récupérée. À Lorient, le maire, classé divers droite, a sauté sur l’occasion. Il a envoyé une invitation officielle à Safran pour lui rappeler que dans sa ville, on ne jette pas de tomates aux industriels. Le message d’Olivier Andriès a été entendu : pour faire décoller l’emploi, mieux vaut ne pas agiter de drapeaux verts.