Jamais les grandes fortunes n’avaient été aussi nombreuses. D’après l’étude annuelle « World Wealth Report » publiée ce mercredi par Capgemini, la planète compte désormais 23,4 millions de personnes dont le patrimoine financier (hors résidence principale) dépasse le million de dollars. Une hausse de 2,6 % en un an qui signe un record absolu depuis le lancement de ce rapport en 1997.
L’effet bourse et l’IA dopent les fortunes
Cette croissance s’explique d’abord par l’envolée des marchés financiers, notamment aux États-Unis, où les indices Nasdaq, Dow Jones et S&P 500 ont battu des records, galvanisés par une économie plus robuste que prévu et la dynamique autour de l’intelligence artificielle. À elle seule, la première économie mondiale enregistre 562 000 millionnaires supplémentaires sur un an, portant leur total à 7,9 millions, soit une progression de 7,6 %. En parallèle, le nombre d’ultrariches, possédant plus de 30 millions de dollars, bondit de 6,2 %. Le patrimoine global détenu par l’ensemble de ces grandes fortunes s’élève à 90 500 milliards de dollars, en hausse de 4,2 % par rapport à l’an dernier.
L’Europe stagne, la richesse se concentre
L’Europe fait figure d’exception. Freinée par un contexte économique plus morose, elle enregistre un recul de 2,1 % du nombre de personnes fortunées. La France, à elle seule, perd 21 000 millionnaires. Mais en parallèle, le nombre d’ultrafortunés progresse de 3,5 %, signe d’une concentration accrue de la richesse dans un nombre restreint de mains. En Asie-Pacifique, les évolutions sont contrastées : le Japon et l’Inde enregistrent des hausses notables (+5,6 %), tandis que la Chine voit son contingent de riches reculer de 1 %.
Une transmission colossale à venir
L’étude pointe également l’arrivée imminente d’un gigantesque transfert de richesse entre générations. D’ici deux décennies, quelque 83 500 milliards de dollars devraient changer de main, faisant émerger une nouvelle vague de grandes fortunes. Dans ce contexte, les débats sur la fiscalité des plus hauts patrimoines — et sur la manière de mieux faire contribuer les ultra-riches à l’effort collectif — devraient encore gagner en intensité.