La frite croustille moins pour les chaînes de restauration rapide. Entre les effets d’une TVA en sursis, le doublement de la taxe sur les sodas, la réforme des titres-restaurants et l’obligation d’adopter de la vaisselle réutilisable, la rentabilité du secteur a fondu de moitié depuis 2018. Et selon une étude commandée par le Syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide (Snarr), la situation pourrait se dégrader encore à partir de 2026. Alors que le secteur pèse plus de 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires en France, ses marges sont sous une pression constante. D’après le cabinet Xerfi, la réforme des titres-restaurants, qui permet désormais aux consommateurs d’acheter l’ensemble de leurs courses en supermarché, aurait déjà fait perdre 100 millions d’euros aux fast foods en 2025, un chiffre qui pourrait grimper à 195 millions dès l’année suivante. Un simple ticket-restaurant dépensé en grande surface rapporte moins d’emplois que s’il est consommé dans un restaurant, argumente l’étude.
Un cocktail fiscal qui menace des milliers d’enseignes
À cette perte sèche s’ajoutent d’autres coups de massue réglementaires. La taxe sur les boissons sucrées, doublée une première fois en 2025, pourrait l’être de nouveau en 2026, entraînant un coût supplémentaire estimé à plus de 55 millions d’euros pour le secteur. De leur côté, les allègements de charges sur les bas salaires ont été réduits, grignotant encore un peu plus les marges des établissements fortement dépendants de la main-d’œuvre peu qualifiée. Autre contrainte mal digérée : la loi Agec, qui impose depuis janvier 2023 l’usage de contenants réutilisables pour les repas consommés sur place. Une mesure saluée pour ses vertus écologiques, mais jugée difficilement applicable par une profession qui travaille à flux tendu et avec des volumes très élevés. Le Snarr, rejoint par les principales organisations patronales du secteur (Umih, GHR), a quitté les discussions menées par Bercy dans le cadre des Assises de la restauration, dénonçant une réforme des titres-restaurants qualifiée de « décision funeste ». Selon Xerfi, si tous les scénarios se cumulent, TVA en hausse, fiscalité renforcée, baisse des aides, entre 16 500 et 26 200 entreprises du secteur pourraient basculer dans le rouge d’ici 2026. En toile de fond, c’est toute l’équation économique d’un modèle basé sur les volumes, les prix serrés et une main-d’œuvre bon marché qui vacille. À ce rythme, le menu pourrait bientôt coûter plus cher… et rapporter beaucoup moins.