Le groupe Renault a annoncé ce jeudi 31 juillet une chute spectaculaire de ses bénéfices ajustés : 461 millions d’euros au premier semestre, soit une baisse de 69 % sur un an. Cette dégringolade intervient dans un contexte de marché automobile difficile en Europe et alors que la séparation comptable avec Nissan pèse lourdement sur les comptes. La marque au losange doit aussi encaisser une perte nette colossale de 11,2 milliards d’euros liée aux performances de son ancien partenaire japonais. Si le chiffre d’affaires du groupe, incluant Renault, Dacia et Alpine, progresse légèrement de 2,5 % pour atteindre 27,6 milliards d’euros, la direction ne masque pas son inquiétude. François Provost, récemment nommé directeur général, admet que les résultats sont « en dessous des ambitions initiales ». Le constructeur évoque un environnement très concurrentiel et un marché des véhicules utilitaires en repli, notamment sur le Vieux Continent.
Les bons résultats ne suffisent pas à enrayer la chute
Malgré de bonnes performances commerciales pour certains modèles comme la nouvelle Renault 5 ou les véhicules électriques, l’entreprise a dû provisionner 98 millions d’euros en anticipation de possibles sanctions européennes liées aux émissions de CO₂. Elle a également injecté 279 millions d’euros dans Horse, sa coentreprise dédiée aux moteurs thermiques. Pour faire face, Renault révise à la baisse ses objectifs annuels. La marge opérationnelle espérée passe de 7 % à environ 6,5 %. Le directeur financier, Duncan Minto, insiste néanmoins sur la solidité des fondamentaux du groupe et sa stratégie de vente axée sur la valeur plutôt que le volume.
Gel mondial des embauches : les premières conséquences sociales
Derrière les formules de rigueur budgétaire se dessinent déjà des mesures sociales concrètes. La direction a adressé mercredi un courriel à ses managers à travers le monde, en anglais, pour leur signifier qu’un gel total des embauches est instauré immédiatement et jusqu’au 31 décembre 2025. Cette décision concerne toutes les marques, fonctions et implantations du groupe. En clair, Renault serre les rangs pour préserver ses marges, tout en espérant une amélioration au second semestre, portée par des carnets de commandes bien remplis en juin. Mais dans un secteur aussi volatil, entre réglementations environnementales, tensions internationales et guerre des prix, rien n’est encore joué.