Renault : François Provost fixe le cap après Luca de Meo
Renault : François Provost fixe le cap après Luca de Meo

Tout juste nommé directeur général du groupe Renault, François Provost a pris la parole pour la première fois ce jeudi matin. Fidèle à l’esprit de son prédécesseur Luca de Meo, dont il fut l’un des principaux collaborateurs, le nouveau patron entend poursuivre les grandes orientations engagées, tout en imprimant sa marque.

Cap sur la valeur et la rentabilité

Premier pilier maintenu : la priorité à la valeur plutôt qu’aux volumes. Renault va donc continuer à privilégier les modèles à forte marge, à l’image de la R5 électrique ou du SUV Rafale. L’objectif reste le même : s’éloigner des véhicules à bas prix, y compris chez Dacia, pour séduire une clientèle plus aisée. Autre axe affirmé : l’importance du produit. François Provost mise sur la réussite du « deuxième cycle de produits », avec des modèles conçus plus rapidement et plus efficacement. La future Twingo électrique, développée en seulement 21 mois, en est l’exemple. Le défi sera désormais d’étendre cette rapidité à l’ensemble de l’entreprise, y compris chez les fournisseurs.

Une stratégie internationale ciblée

Pas question pour Renault de se disperser. La Chine et les États-Unis resteront à l’écart de la stratégie d’expansion. Le constructeur concentrera ses efforts à l’international sur l’Inde et l’Amérique du Sud, deux marchés jugés prometteurs. Côté ingénierie, François Provost écarte toute délocalisation massive vers la Chine, malgré ses anciennes fonctions à la tête des achats du groupe. La localisation de l’expertise reste un point d’ancrage de la stratégie industrielle.

Des résultats en baisse et des coupes à prévoir

Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 2,5 % au premier semestre, Renault a vu son bénéfice net fondre de 69 %, à 461 millions d’euros. Le virage électrique, qui réduit les marges, ainsi que la sortie progressive du partenariat avec Nissan, ont lourdement pesé. La perte nette comptable atteint même 11,2 milliards d’euros. Face à ces résultats décevants, un plan d’économies est enclenché : gel des embauches en dehors des usines et remise à plat de certaines dépenses. La présentation d’une nouvelle feuille de route stratégique, remplaçant le plan « Renaulution », est attendue pour le premier semestre 2026. François Provost hérite ainsi d’un groupe en transition, entre électrification, rationalisation industrielle et reconquête commerciale. Sa mission : maintenir le cap de la rentabilité dans un marché chahuté.

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