La guerre commerciale entre Pékin et Bruxelles vient de franchir une nouvelle étape. À partir de ce mercredi, la Chine impose des droits de douane provisoires allant de 15,6 % à 62,4 % sur les importations de porc européen. Cette décision est une réponse directe à la surtaxe décidée par l’Union européenne sur les véhicules électriques chinois.
Un marché stratégique pour la France
Premier consommateur de porc au monde, la Chine reste aussi un gros importateur, en particulier pour des morceaux peu valorisés en Europe comme les oreilles, les pieds ou les queues. En 2024, la filière française a expédié 115 000 tonnes de viande porcine vers ce marché. « C’est sûr qu’on va être impacté pour au moins les six mois qui viennent », alerte Michel Bloc’h, président de l’Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne (UGPVB). Sans débouché alternatif, les producteurs devront continuer d’exporter ces pièces vers la Chine, mais désormais à perte.
Une filière fragilisée par la conjoncture
Après trois années favorables, l’élevage porcin français se prépare à une période plus sombre. Le recul de la consommation en Europe, accentué à l’approche de l’hiver, s’ajoute à la pression des nouvelles taxes. Les grands opérateurs, confrontés à des marges en chute libre, risquent de répercuter cette situation sur le prix d’achat des bêtes, fragilisant ainsi l’ensemble de la filière. Pour les éleveurs, la riposte chinoise vient accentuer une tendance déjà orientée à la baisse et laisse craindre une rentrée particulièrement difficile.