Le tribunal de commerce de Bordeaux a validé lundi la reprise des papeteries Condat, en Dordogne, par Condat Solutions, filiale de la Société de participation de la Braye (SPB), pour un montant d’un million d’euros. Sur les quelque 200 salariés encore employés sur le site du Lardin-Saint-Lazare, seuls 21 seront conservés, les 175 autres étant licenciés.
Cette décision intervient après un premier plan social en 2023 qui avait déjà réduit de moitié les effectifs. Les représentants syndicaux dénoncent une situation brutale et un impact social important, y compris pour les sous-traitants. L’usine, fondée en 1907, a employé jusqu’à 1 200 personnes et constituait encore récemment l’un des principaux employeurs privés du département.
Un projet de reconversion industrielle ambitieux
Le repreneur promet un projet de réindustrialisation multi-sectoriel avec la création annoncée de 300 emplois et 700 millions d’euros d’investissements. Parmi les pistes évoquées figurent la production d’alumine décarbonée, de matériaux bas carbone pour les cosmétiques ou encore l’installation d’un pôle de supercalculateurs dédiés à l’intelligence artificielle.
Placée en redressement judiciaire en octobre à la demande de son propriétaire espagnol Lecta, l’usine n’a pas été sauvée par les aides publiques accordées ces dernières années, notamment par la région et l’Agence de la transition écologique. Le dossier s’inscrit dans un contexte de crise durable pour l’industrie papetière française, confrontée à la baisse de la demande, à la concurrence internationale et à la hausse des coûts énergétiques, avec plusieurs fermetures de sites enregistrées ces derniers mois.