Pakistan : la BAD prend le relais de la Chine pour moderniser le réseau ferroviaire
Pakistan : la BAD prend le relais de la Chine pour moderniser le réseau ferroviaire

La Banque asiatique de développement (BAD) va financer la modernisation d’une partie du réseau ferroviaire pakistanais, un projet initialement prévu dans le cadre de l’initiative chinoise des « Nouvelles routes de la soie », mais retardé depuis une décennie faute d’accord de financement avec Pékin, ont indiqué vendredi deux sources proches du dossier.

En 2015, la Chine avait annoncé un vaste plan d’investissements de 60 milliards de dollars au Pakistan dans le cadre du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), projet phare de l’initiative « Ceinture et Route ». La rénovation de 1 800 km de voies ferrées devait en constituer la pièce maîtresse. Mais dix ans de négociations n’ont pas permis de débloquer les fonds nécessaires, alors que le Pakistan peine déjà à rembourser la dette contractée auprès de Pékin pour d’autres infrastructures.

La BAD est désormais en pourparlers avancés pour financer à hauteur de 2 milliards de dollars la modernisation d’un tronçon stratégique de 500 km reliant Karachi à Rohri, dans le sud du pays. Ce segment est jugé essentiel, notamment pour assurer l’acheminement du cuivre et de l’or issus d’une importante mine pakistanaise.

Selon les sources, cette réorientation ne devrait pas provoquer de tensions avec la Chine, qui reste un partenaire clé d’Islamabad. Pékin conserve un rôle central dans d’autres volets du CPEC, même si les retards répétés ont alimenté le scepticisme au Pakistan quant à la faisabilité de certains projets.

La modernisation du réseau ferroviaire est considérée comme vitale pour l’économie pakistanaise. Outre son importance stratégique pour le secteur minier, elle vise à fluidifier le transport de marchandises et à réduire les coûts logistiques, dans un pays où les infrastructures vieillissantes constituent un frein majeur à la croissance.

Pour Islamabad, l’intervention de la BAD pourrait offrir une bouffée d’oxygène, en diversifiant ses sources de financement et en relançant un projet qui s’enlisait depuis des années, tout en maintenant un équilibre délicat avec son partenaire chinois.

Partager