Mayotte fragilisée : les entreprises sous pression après des années de crises selon l'Iedom
Mayotte fragilisée : les entreprises sous pression après des années de crises selon l'Iedom

Plus d’un an après le passage du cyclone Chido, les entreprises de Mayotte évoluent dans un climat jugé « incertain » par l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (Iedom). Dans un rapport récent, l’organisme souligne la faiblesse persistante des trésoreries, l’augmentation des charges d’exploitation et une dépendance accrue à la commande publique, qui représente près de 70 % de l’activité locale.

Le secteur du bâtiment, censé profiter en priorité de la reconstruction, connaît un ralentissement malgré des carnets de commandes remplis. Les entreprises ont avancé les frais de réparation de leurs équipements en attendant les indemnisations des assurances, ce qui pèse lourdement sur leur situation financière. À cela s’ajoutent des difficultés de recrutement et un fort turnover, dans un territoire confronté à un manque d’attractivité et à des contraintes administratives sur les titres de séjour.

Retards de paiement et nouvelles taxes compliquent la reprise

Depuis le 1er janvier 2026, une taxe sur les matériaux de construction importés hors Union européenne – acier, aluminium, ciment notamment alourdit encore les coûts. Or, ces approvisionnements extra-européens étaient privilégiés pour leur prix et leurs délais plus compétitifs. Parallèlement, les retards de paiement des collectivités, déjà importants avant le cyclone, sont devenus « hors normes », accentuant la tension sur les trésoreries.

L’Iedom rappelle que l’économie mahoraise était déjà fragilisée par une succession de chocs depuis 2020 : crise sanitaire, perturbations logistiques, insécurité, pénurie d’eau et mouvements sociaux. Si la loi d’urgence adoptée en 2025 a permis d’éviter une vague immédiate de défaillances, les difficultés structurelles persistent. La loi de refondation votée en août, qui prévoit notamment une zone franche et des investissements dans le logement et les infrastructures, pourrait améliorer l’environnement économique. Mais son efficacité dépendra, prévient l’institut, de sa mise en œuvre rapide et adaptée aux besoins des entreprises locales.

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