Le groupe Kering n’a jamais semblé aussi vulnérable. L’enseigne phare Gucci chute de 25 % au premier trimestre 2025, précipitant tout le groupe dans un repli global de 14 % de ses ventes. Et ce n’est qu’un début : les perspectives pour le deuxième trimestre sont tout aussi inquiétantes. Le conglomérat de luxe dirigé par François-Henri Pinault devient l’illustration même de la crise qui couve dans le secteur, entre récession mondiale, tensions commerciales et appétit vacillant des consommateurs.
Gucci au fond du gouffre, Kering sous tension
Déjà fragilisé par un recul de 12 % fin 2024, le groupe encaisse coup sur coup les mauvaises nouvelles. Le chiffre d’affaires est tombé à 3,88 milliards d’euros entre janvier et mars. Et le mot d’ordre a changé : en février, Kering espérait encore une « stabilisation en 2025 ». Aujourd’hui, même la direction admet un deuxième trimestre « à deux chiffres » dans le rouge. Face à cette descente aux enfers, Kering se veut rassurant. La directrice financière, Armelle Poulou, assure que le groupe saura « protéger ses marges » par des hausses de prix. Mais à la différence de ses concurrents Hermès ou Louis Vuitton, qui ont déjà ajusté leurs tarifs aux États-Unis, Kering hésite encore sur la stratégie à adopter pour absorber l’impact de la hausse des droits de douane décidée par Washington. Pendant que Hermès continue de caracoler sur le segment ultra-haut de gamme et que LVMH résiste en misant sur son prestige, Kering paie le prix de ses incertitudes créatives et commerciales, notamment autour d’une marque Gucci qui peine à se réinventer. La spirale est enclenchée, et l’atterrissage, s’il y en a un, s’annonce brutal.