Elle gère le Livret A, elle se présente comme un pilier de la transition écologique, mais elle continue d’investir dans les énergies les plus polluantes : la Caisse des Dépôts est aujourd’hui au cœur d’une controverse sur fond de pétrole et de gaz. Selon l’ONG Reclaim Finance, l’argent des Français sert toujours — et massivement — à financer les énergies fossiles, en dépit des grands engagements climatiques affichés.
Une opacité qui interroge l’éthique publique
C’est un chiffre qui claque : 10 milliards d’euros. Ce serait, selon Reclaim Finance, l’exposition réelle de la Caisse des Dépôts aux secteurs fossiles. Un montant farouchement contesté par l’institution publique, qui parle d’un volume inférieur à 5 milliards. Mais au-delà de la bataille de chiffres, c’est surtout le manque de transparence qui fait grincer des dents. Aucun nom d’entreprise financée. Aucune trace des votes en assemblée générale. Aucun détail sur les critères qui déterminent les choix d’investissement. L’ONG dénonce une écologie de façade. Car même si la CDC affirme exclure les groupes très dépendants au charbon ou ceux sans stratégie de sortie des hydrocarbures, elle continue d’investir dans des entreprises aux activités fossiles — même marginales. Une ligne grise, floue, propice aux accusations de double discours.
Le verdissement affiché, la réalité contestée
Officiellement, la Caisse des Dépôts promet 100 milliards d’euros sur cinq ans pour accompagner la transition énergétique. Elle adhère à la Net-Zero Asset Owner Alliance et revendique des filtres d’exclusion « stricts ». Mais elle refuse toujours de publier la composition détaillée de ses portefeuilles. Ce flou laisse la porte ouverte à toutes les interprétations. Le cœur de la polémique est là : peut-on promouvoir la finance durable tout en alimentant — même partiellement — l’économie des hydrocarbures ? Reclaim Finance, elle, a tranché. Pour l’ONG, tant que la CDC continuera à financer des groupes liés au gaz et au pétrole, même à travers des intermédiaires, elle trahira la confiance des millions de Français qui confient leur épargne à un système qu’ils croient propre.