ACCRA, 28 juillet – Le Ghana a mis fin à un contrat de 1,2 milliard de dollars passé avec la société minière locale Rocksure International pour l’exploitation de l’un de ses gisements de bauxite les plus importants, et envisage désormais de s’associer à un acteur étranger d’envergure mondiale, selon plusieurs sources proches du dossier.
Le contrat concernait les collines de Nyinahin, dans le centre du pays, où se trouvent environ 376 millions de tonnes de bauxite, composant essentiel de l’aluminium. Ces réserves font partie des quelque 900 millions de tonnes de bauxite estimées sur le territoire ghanéen, ce qui place le pays au septième rang mondial en termes de potentiel minier. Malgré cela, le Ghana peine depuis des années à attirer des investissements structurants dans les infrastructures de transformation et de valorisation de ce minerai.
D’après deux des sources, la Ghana Integrated Aluminium Development Corporation (GIADEC), entreprise publique en charge du développement du secteur, chercherait à relancer le projet avec un nouveau partenaire de premier plan, tel que Emirates Global Aluminium (EGA), basé à Dubaï, ou une entreprise chinoise non nommée. Ces partenaires potentiels auraient été approchés pour remplacer Rocksure dans la coentreprise Asante Bauxite Company, qui prévoyait la création conjointe d’une mine et d’une raffinerie d’alumine. Rocksure détenait 70 % de cette coentreprise, contre 20 % pour la GIADEC et 10 % pour l’État.
Cette rupture marque un virage stratégique pour le gouvernement ghanéen, soucieux d’accélérer la mise en valeur de ses ressources naturelles avec des partenaires disposant de l’expertise et des capitaux nécessaires. Emirates Global Aluminium, notamment, serait à la recherche de nouveaux approvisionnements en bauxite après la perte d’une licence d’exploitation majeure en Guinée.
Le choix d’un nouveau partenaire étranger vise également à redonner confiance aux investisseurs dans un secteur minier où la stabilité politique et réglementaire est un facteur clé. Pour le Ghana, l’enjeu est de taille : il s’agit non seulement de maximiser les revenus issus de ses ressources naturelles, mais aussi de favoriser une industrialisation locale via le raffinage et la transformation de la bauxite, plutôt que d’exporter le minerai brut.