Le directeur général d'Air France-KLM tacle les lois françaises et européennes
Le directeur général d'Air France-KLM tacle les lois françaises et européennes

Lundi 2 juin, lors de l’assemblée générale de l’Association du transport aérien international, le directeur général d’Air France-KLM, Ben Smith, a vertement critiqué le cadre réglementaire français et européen, qu’il estime inadapté à la compétition mondiale. Alors que le marché du transport aérien repart à la hausse, il déplore le décrochage des compagnies européennes, empêchées selon lui de rivaliser avec leurs concurrentes étrangères en raison de contraintes trop lourdes. Le dirigeant s’est alarmé de voir des compagnies non européennes profiter pleinement de la reprise du trafic aérien, tandis que les entreprises européennes, lestées par une pression fiscale élevée, des obligations environnementales strictes et une bureaucratie étouffante, peinent à suivre. Il s’en est pris notamment à la politique de la concurrence de l’Union européenne, qui bloquerait trop souvent les tentatives de consolidation du secteur aérien, jugées pourtant nécessaires pour créer des champions capables de tenir tête aux géants étrangers.

Ryanair dans le viseur

Ben Smith a dénoncé les stratégies de certaines compagnies low-cost comme Ryanair, qui, selon lui, n’hésitent pas à saisir Bruxelles pour contrecarrer tout rapprochement susceptible de renforcer la position de leurs rivaux traditionnels. « Chaque fois que nous envisageons une opération de consolidation, Ryanair peut aller réclamer à Bruxelles des compensations au nom de la concurrence », a-t-il regretté. Le dirigeant du groupe franco-néerlandais, dont le bénéfice net a chuté à 317 millions d’euros en 2024 contre 934 millions un an plus tôt, n’est pas seul à faire entendre sa voix. Ces derniers mois, plusieurs grands patrons français ont publiquement fait part de leur exaspération face à ce qu’ils perçoivent comme un désavantage structurel pour les entreprises européennes dans la compétition mondiale. Entre fiscalité, lourdeurs administratives et frilosité réglementaire, le malaise grandit parmi les dirigeants des fleurons nationaux. Une inquiétude qui risque de s’intensifier si aucune réponse politique ne vient alléger les contraintes pesant sur les grandes entreprises du continent.

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