Jennyfer en faillite : 999 emplois sur le fil
Jennyfer en faillite : 999 emplois sur le fil

Mercredi, le tribunal de commerce de Bobigny a prononcé la liquidation judiciaire de Jennyfer, scellant le sort de l’enseigne de prêt-à-porter pour adolescentes. Le groupe disposera jusqu’au 28 mai pour recevoir d’éventuelles offres de reprise ; passé ce délai, les 999 salariés, parmi lesquels une écrasante majorité de femmes, verront leur emploi définitivement supprimé.

Un modèle balayé par la crise

Fondée en 1984, Jennyfer comptait encore 220 boutiques en France et 80 à l’étranger mi-2024. Sortie de redressement en juin 2023 après une flambée des coûts et une inflation galopante, elle avait recruté un nouvel actionnaire et injecté 15 millions d’euros. Mais l’« explosion des coûts, la baisse du pouvoir d’achat et l’hyper fast-fashion » ont rendu son modèle économique intenable, explique la direction. Le plan de sauvegarde de l’emploi avait déjà fait disparaître 75 postes ; la nouvelle tentative de relance sous le label « Don’t Call Me Jennyfer » n’a pas trouvé son public. Pour la CFDT et la CGT, cette liquidation est « une catastrophe sociale » et « un choix politique ». Stéphane Ducrocq, avocat des salariés, espère encore un « homme providentiel » capable de reprendre l’enseigne. Sophie Binet (CGT) fustige l’« absence totale de stratégie » dans le prêt-à-porter et presse l’État de « garantir une véritable vigilance » face aux vagues de plans sociaux qui ravagent le secteur.

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