Investissements étrangers : la France reste championne sur un podium en crise
Investissements étrangers : la France reste championne sur un podium en crise

Cocorico prudent. En 2024, pour la sixième année consécutive, la France conserve la première place européenne en matière d’attractivité pour les investisseurs étrangers. Selon le baromètre EY publié ce mercredi 14 mai, 1 025 projets d’investissements étrangers ont été annoncés dans l’Hexagone. Un chiffre en léger recul, mais suffisant pour devancer le Royaume-Uni (853 projets) et l’Allemagne (608). Un leadership que l’on pourrait croire triomphant, si le contexte européen n’était pas aussi morose : les investissements étrangers sur le Vieux Continent ont globalement reculé de 5 % sur un an. La France fait donc mieux que résister, mais dans un climat économique sous tension.

Une place maintenue, mais pas sans fragilités

« C’est une position que beaucoup nous envient, notamment les Britanniques », commente Marc Lhermitte, associé chez EY et responsable de l’étude. Mais il tempère aussitôt : la dynamique française reste fragile. La France séduit toujours, mais elle commence à sentir les effets du recentrage américain, entamé sous la présidence Trump, et désormais renforcé par des politiques industrielles protectionnistes. La course aux relocalisations, les aides massives au Made in USA et les politiques fiscales plus agressives outre-Atlantique grignotent lentement mais sûrement la compétitivité européenne.

L’Europe en perte de vitesse

Dans ce contexte, la première place de la France relève plus de la résistance que de la conquête. Si elle attire encore les sièges sociaux, les centres R&D et les plateformes logistiques, les marges de progression s’amenuisent. Le baromètre souligne d’ailleurs un recul global des projets industriels et un recentrage sur les services. En clair, la France sauve les meubles, mais la vitrine de l’attractivité européenne commence à se fissurer. Et avec elle, l’urgence d’un sursaut collectif pour enrayer la perte de vitesse du continent face aux mastodontes américains et asiatiques.

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