Le groupe canadien Fortuna Mining a annoncé son retrait du marché burkinabè après la vente de la mine de Yaramoko, située dans l’ouest du pays, qu’il exploitait pour l’extraction d’or.
Dans un communiqué publié vendredi dernier, l’entreprise a déclaré avoir vendu la mine à la société mauricienne “Soleil Resources International” pour un montant de 130 millions de dollars en espèces, qualifiant cette transaction de bénéfique.
Le directeur général de Fortuna, Jorge Ganoza, a affirmé que cette opération était une décision judicieuse, car elle a permis à l’entreprise d’éviter des engagements de 20 millions de dollars qui auraient dû être réglés à la fin de l’exploitation, alors que les réserves de la mine étaient presque épuisées.
Il a ajouté que le climat des affaires et de l’investissement au Burkina Faso était devenu extrêmement complexe et ne permettait plus d’envisager une poursuite du développement de la production.
La société a confirmé que les prévisions indiquaient que les réserves exploitables de la mine de Yaramoko pourraient s’épuiser dans l’année.
Fortuna Mining a également précisé qu’elle comptait désormais, pour sa stratégie en Afrique de l’Ouest, se concentrer sur ses activités en Côte d’Ivoire et au Sénégal.
Contexte et tensions croissantes
Ce retrait intervient moins de deux mois après que la société française TotalEnergies a elle aussi quitté le Burkina Faso, en vendant ses actifs, dont plus de 170 stations-service réparties dans tout le pays.
En octobre dernier, le président de la junte militaire au pouvoir à Ouagadougou, le capitaine Ibrahim Traoré, a annoncé que son gouvernement retirerait les permis miniers à certaines entreprises étrangères, tout en mettant l’accent sur l’augmentation de la production d’or.
Bien qu’il n’ait pas cité de noms d’entreprises, il a déclaré :
“Nous savons extraire notre or. Je ne comprends pas pourquoi nous laissons les multinationales l’exploiter à notre place.”
Le Burkina Faso compte plusieurs compagnies minières étrangères parmi lesquelles :
- Endeavour Mining (cotée à la Bourse de Londres),
- West African Resources (australienne),
- Nordgold (russe),
- Horizon Gold Corporation (canadienne).
Le retrait de Fortuna intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les investisseurs étrangers et les juntes militaires de la région du Sahel, qui brandissent des slogans de “souveraineté économique” et de “libération des ressources nationales”.
Des tensions régionales similaires
En début de semaine, Barrick Gold, un autre géant canadien de l’or, a vu ses bureaux fermés à Bamako (Mali) par les autorités de transition qui l’accusent de fraude et d’évasion fiscale.
De son côté, la société Orano (française) a annoncé, à la fin de l’année dernière, avoir eu recours à l’arbitrage international pour régler un différend avec le gouvernement de transition au Niger.