Ferrari décroche à la bourse de Milan après des objectifs jugés trop timides (wikipedia commons)
Ferrari décroche à la bourse de Milan après des objectifs jugés trop timides (wikipedia commons)

La légende du cheval cabré cale sur les marchés. À Milan, l’action Ferrari a plongé de près de 15 % ce jeudi, effaçant d’un coup des mois de progression boursière. Une chute historique pour le constructeur italien, qui n’avait jamais connu une telle dégringolade depuis son entrée en Bourse en 2016, pas même au plus fort de la crise du Covid. En cause, des perspectives à long terme jugées très en dessous des attentes, malgré des résultats solides à court terme.

Des ambitions 2030 jugées décevantes

Ferrari a bien tenté de rassurer les investisseurs en relevant légèrement ses prévisions pour 2025 : des revenus d’au moins 7,1 milliards d’euros (contre un peu plus de 7 milliards auparavant), un résultat brut d’exploitation ajusté de 2,72 milliards, et un bénéfice par action de 8,8 euros. Mais c’est la suite qui a refroidi la Bourse. Lors de sa journée investisseurs, la marque de Maranello a présenté ses nouveaux objectifs pour 2030. Le constructeur vise environ 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires et un résultat opérationnel ajusté de 2,75 milliards. Une progression annuelle d’à peine 6 %, contre les 10 % promis lors du précédent plan stratégique. Trop faible pour Royal Bank of Canada, qui s’attendait à un rythme plus soutenu compte tenu du carnet de commandes et de la récente extension de l’usine de Maranello. La banque estime que Ferrari sous-exploite son potentiel industriel, capable de produire jusqu’à 15 000 véhicules par an.

Une stratégie prudente mal perçue

La direction met pourtant en avant un modèle équilibré, misant autant sur le luxe que sur la performance. Ferrari prévoit que, d’ici à 2030, 40 % de sa gamme restera thermique, 40 % hybride et 20 % électrique. L’arrivée de l’« Elettrica », première voiture 100 % électrique de la marque, est confirmée pour 2026. Quatre nouveaux modèles doivent voir le jour d’ici à la fin de la décennie. En parallèle, la firme italienne compte redistribuer 3,5 milliards d’euros de dividendes entre 2027 et 2031, tout en rachetant pour un montant équivalent de ses propres actions à partir de 2026. Mais ces annonces n’ont pas suffi à enrayer la chute. Les marchés ont lu dans ces chiffres le signe d’un ralentissement du moteur de croissance d’un constructeur jusque-là intouchable. Pour la première fois depuis son introduction en Bourse, Ferrari semble avoir levé le pied, laissant les investisseurs sur le bas-côté.

Que retenir rapidement ?

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