Dangote promet la fin des importations africaines d’engrais d’ici 40 mois
Dangote promet la fin des importations africaines d’engrais d’ici 40 mois

LAGOS, 27 juin – Le magnat nigérian Aliko Dangote a affirmé vendredi que l’Afrique serait en mesure de cesser toute importation d’engrais d’ici trois ans et demi, grâce à l’expansion en cours de son gigantesque complexe de production d’urée situé en périphérie de Lagos. Une promesse ambitieuse qui pourrait transformer le secteur agricole et industriel du continent.

S’exprimant lors de la réunion annuelle de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) à Abuja, Dangote a présenté cette perspective comme une solution stratégique à la dépendance actuelle de l’Afrique vis-à-vis des marchés internationaux pour ses besoins en fertilisants. Le continent importe aujourd’hui plus de 6 millions de tonnes d’engrais par an, alors même qu’il lutte pour atteindre l’autosuffisance alimentaire.

« Dans les 40 prochains mois, l’Afrique n’importera plus d’engrais », a-t-il déclaré. « Nous suivons une trajectoire très ambitieuse. Nous voulons faire de Dangote le plus grand producteur d’urée au monde, devant même le Qatar. Donnez-moi 40 mois. »

Le complexe actuel de Dangote, le plus grand d’Afrique pour l’urée granulée, dispose d’une capacité annuelle de 3 millions de tonnes, dont environ 37 % sont déjà exportées vers les États-Unis. Pour atteindre son objectif, le groupe devra doubler sa production actuelle, une tâche colossale mais qui pourrait être facilitée par les investissements massifs déjà engagés dans les infrastructures et l’énergie.

Le milliardaire nigérian a également minimisé les conséquences des droits de douane américains imposés par le président Donald Trump sur certains produits importés, affirmant que sa stratégie industrielle ne serait pas freinée par ces barrières commerciales.

Au-delà des ambitions économiques, ce projet de souveraineté agricole a des répercussions majeures pour les pays africains, en particulier ceux confrontés à des pénuries chroniques de fertilisants et à la faiblesse de leurs monnaies nationales. En réduisant leur dépendance vis-à-vis des devises étrangères, ces pays pourraient alléger la pression sur leurs balances commerciales tout en renforçant leur sécurité alimentaire.

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