DUBAI – Le géant pétrolier saoudien Aramco a annoncé dimanche des bénéfices de 26 milliards de dollars pour le premier trimestre 2025, en baisse de 4,6 % par rapport à l’année précédente. Une diminution qui met en lumière la pression croissante exercée par la baisse des prix mondiaux du pétrole sur les ambitions économiques colossales de Riyad.
Selon le rapport publié sur la Bourse saoudienne Tadawul, Aramco — officiellement Saudi Arabian Oil Co. — a généré un chiffre d’affaires de 108,1 milliards de dollars sur la période, contre 107,2 milliards l’an dernier. En 2024, la société avait affiché un bénéfice de 27,2 milliards de dollars au premier trimestre.
Cette annonce intervient alors que l’Arabie saoudite, sous l’impulsion du prince héritier Mohammed ben Salmane, poursuit une série de projets de développement estimés à plusieurs centaines de milliards de dollars, dont la ville futuriste Neom à 500 milliards et l’organisation de la Coupe du monde de football en 2034, qui nécessitera des infrastructures et des stades flambant neufs.
Le président d’Aramco, Amin H. Nasser, a attribué la baisse des bénéfices à « l’incertitude économique mondiale » qui a pesé sur les marchés de l’énergie. Le baril de Brent, référence mondiale, s’échangeait vendredi à un peu plus de 63 dollars, contre plus de 80 dollars l’année dernière.
Aramco reste cependant une force dominante dans le secteur pétrolier mondial, avec une capitalisation boursière de plus de 1 600 milliards de dollars, se plaçant juste derrière les géants technologiques comme Microsoft, Apple ou Google. L’essentiel de la société reste détenu par l’État saoudien, qui utilise ces revenus pour financer ses projets stratégiques et soutenir la richesse de la famille royale.
L’annonce des résultats trimestriels intervient également alors que l’alliance OPEP+ a décidé d’augmenter sa production de 411 000 barils par jour à partir du mois prochain. Une hausse censée compenser l’instabilité induite par la guerre commerciale menée par les États-Unis, mais qui pourrait obliger Riyad à puiser davantage dans ses réserves pour maintenir le cap de sa transformation économique.
Le président américain Donald Trump, attendu mardi à Riyad pour son premier déplacement officiel depuis sa réélection, a récemment exhorté les Saoudiens à porter leurs investissements aux États-Unis à 1 000 milliards de dollars, contre 600 milliards actuellement promis. Un enjeu stratégique, alors que le royaume cherche à équilibrer ses ambitions économiques et ses capacités budgétaires dans un contexte de volatilité énergétique mondiale.