Investissements records et incertitudes douanières
Investissements records et incertitudes douanières

Année difficile pour la maison Chanel. Le groupe de luxe a annoncé une baisse significative de ses résultats financiers pour 2024, marquée par un recul de 28,2 % de son bénéfice net, tombé à 3,4 milliards de dollars. Son chiffre d’affaires a également décliné de 5,3 %, s’établissant à 18,7 milliards de dollars. Des résultats qui traduisent un essoufflement dans un marché globalement plus tendu. Dans un communiqué, la directrice générale Leena Nair pointe du doigt des « conditions macroéconomiques plus difficiles » ayant freiné les ventes sur plusieurs marchés clés. La marque subit notamment un net recul de 9,3 % dans la région Asie-Pacifique, à 9,2 milliards de dollars, tandis que les ventes baissent de 4,3 % dans les Amériques, à 3,8 milliards. Seule l’Europe parvient à tirer son épingle du jeu, enregistrant une légère progression de 1,2 %, à 5,68 milliards.

Investissements records et incertitudes douanières

Malgré la baisse de ses résultats, Chanel a poursuivi une stratégie ambitieuse d’investissement. Le groupe a injecté 1,755 milliard de dollars en 2024, soit une hausse de 43 % par rapport à l’année précédente. Parmi les acquisitions phares figurent le prestigieux 42 avenue Montaigne à Paris et un nouveau « flagship » sur la Cinquième Avenue à New York. D’autres ouvertures ont suivi à Nanjing, Chengdu et Tokyo. Chanel envisage désormais de renforcer sa présence en Inde, au Mexique, en Chine continentale, au Japon et au Canada. Le directeur financier Philippe Blondiaux précise toutefois que l’évolution du conflit commercial sur les droits de douane imposés par les États-Unis influencera les décisions à venir en matière de tarification. Contrairement à Hermès, Chanel attend encore de trancher sur une possible hausse de ses prix pour compenser ces taxes. En dépit du contexte, les effectifs ont continué d’augmenter, passant de 36 500 à 38 400 salariés en 2024. Chanel se veut confiante dans sa capacité à maintenir ses investissements et à continuer d’élargir son réseau international, même dans une conjoncture incertaine.

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