Alstom recrute Martin Sion, patron d’ArianeGroup, pour succéder à Henri Poupart-Lafarge
Alstom recrute Martin Sion, patron d’ArianeGroup, pour succéder à Henri Poupart-Lafarge

C’est un revers de taille pour le géant français du ferroviaire. La SNCB (Société nationale des chemins de fer belges) a confirmé ce mercredi 23 juillet avoir choisi le constructeur espagnol CAF comme partenaire privilégié pour renouveler sa flotte de trains. Alstom, pourtant en lice aux côtés de l’allemand Siemens, n’a pas été retenu pour ce marché colossal pouvant atteindre jusqu’à 600 rames. Un contrat évalué à plusieurs milliards d’euros qui échappe donc au groupe français. Dans un premier temps, la commande portera sur 180 rames neuves, totalisant près de 54 000 places assises, pour un montant estimé à 1,7 milliard d’euros. Mais la clause de marché prévoit la possibilité d’extensions futures, avec une livraison échelonnée jusqu’en 2034. Ces nouvelles rames, baptisées AM30, devraient commencer à circuler à partir de 2029. Il s’agit de remplacer un matériel roulant vieillissant et de répondre à l’ambition gouvernementale d’augmenter de 30 % la part modale du rail d’ici à 2032.

Un choix industriel qui fragilise Alstom en Belgique

Le site d’Alstom à Bruges, principal pôle industriel belge du constructeur, pourrait être directement affecté par cette décision. Plusieurs députés avaient interpellé le ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, sur les conséquences sociales d’une telle perte de marché. Mais le gouvernement belge campe sur une ligne stricte : pas de préférence nationale, mais une sélection fondée sur les performances globales. Selon les critères d’évaluation, CAF aurait proposé des rames légèrement plus économes en énergie, incluant des trains à batteries destinés à remplacer les actuelles automotrices diesel. Ce choix n’est pas une surprise complète. La SNCB avait déjà fait connaître sa préférence pour le fabricant espagnol en début d’année. Mais une requête en extrême urgence d’Alstom Belgium devant le Conseil d’État avait suspendu le processus. La décision du conseil d’administration de la SNCB, rendue publique ce mercredi, intègre désormais les conclusions de la justice administrative belge. Côté français, c’est la douche froide. L’action d’Alstom, qui aurait pu profiter de cette commande majeure, est restée atone. Pour le groupe, ce contrat représentait une opportunité stratégique à l’échelle européenne, d’autant plus cruciale dans un contexte de forte concurrence sur le marché du rail. Désormais, CAF est attendu au tournant pour transformer cette victoire commerciale en réalisation industrielle concrète et structurante pour le réseau ferroviaire belge.

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