Aldebaran, pionnière de la robotique française, au bord de la liquidation judiciaire
Aldebaran, pionnière de la robotique française, au bord de la liquidation judiciaire

Le sort d’Aldebaran, jadis fleuron de la tech française avec ses robots Nao et Pepper, semble scellé. L’entreprise, placée en redressement judiciaire après des années de turbulences, pourrait être liquidée dès le 2 juin. Dernier coup dur : le retrait d’un des deux repreneurs potentiels, Malik Bachouchi, et le revirement du second, Jean-Marie Van Appelghem, dont le projet n’inclut plus aucun maintien d’emplois en France.

Vers une vente à la découpe

Fondée en 2005, la société basée à Issy-les-Moulineaux a vu ses effectifs fondre de 400 à 90 salariés. Si l’offre du repreneur suisse prévoyait initialement un maintien partiel des équipes françaises, elle ne propose désormais plus que des transferts de postes en Suisse, ce qui pourrait conduire l’administrateur judiciaire à rejeter le plan. Une liquidation permettrait alors une vente à la découpe, attirant les convoitises sur les brevets et la propriété intellectuelle du groupe, notamment autour du robot Nao, dont la version 7 est attendue pour 2025. Aldebaran, rachetée puis revendue par SoftBank, n’a cessé de s’enliser financièrement : de 55 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017, l’entreprise est tombée à 12,3 millions en 2023, avec 165 millions d’euros de pertes accumulées en cinq ans. Pour les salariés restants, l’annonce d’une audience décisive au tribunal de commerce n’est qu’un point final redouté à une longue agonie.

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