Le message est clair, et il risque de ne pas plaire aux clients : si les États-Unis doublent les droits de douane sur les avions importés, Airbus ne paiera pas. Guillaume Faury, le PDG du géant européen de l’aéronautique, l’a affirmé mardi en assemblée générale : le surcoût sera répercuté sur les compagnies aériennes.
Trump taxe, Airbus facture
Les droits de douane, aujourd’hui fixés à 10 %, pourraient grimper à 20 % dans les prochains mois. Et pour Guillaume Faury, la responsabilité de ces hausses est simple : « Les droits de douane doivent être subis par celui qui importe », tranche-t-il. Autrement dit, ce sont les clients qui paieront l’addition. Un discours franc, dans un climat déjà tendu par la guerre commerciale transatlantique. Les compagnies, elles, grondent. Ryanair menace de retarder ses livraisons de Boeing, tandis que Delta refuse catégoriquement de prendre en charge les droits sur ses Airbus en commande. Du côté du constructeur européen, on promet d’explorer « de nombreuses idées » pour amortir le choc… sans promettre de miracle.
Un casse-tête industriel à plusieurs millions de pièces
Airbus aussi subit les effets de ces surtaxes. Son usine de Mobile, en Alabama, dépend largement de pièces importées, elles-mêmes taxées. Le groupe admet que ses prévisions 2025 ne tiennent pas compte de ces évolutions tarifaires, ce qui pourrait nécessiter une révision. « Nous évaluons cette complexité pour voir ce qui est touché et adapter nos flux de production », souligne Guillaume Faury. Dans une industrie où chaque appareil contient quelque trois millions de composants venus du monde entier, la moindre tension douanière devient un casse-tête logistique. Et dans ce contexte, Airbus ne compte pas endosser le rôle de tampon financier. Le message aux compagnies est sans détour : si Trump taxe, c’est à vous de payer.