Voilà le genre de hausse qui tombe sans prévenir, comme une rafale sur le tarmac. Air France et KLM augmentent leurs tarifs sur les vols long-courriers pour les billets émis à partir du 11 mars, afin d’absorber l’envolée du prix du kérosène liée aux tensions au Moyen-Orient. Concrètement, le groupe annonce une hausse moyenne de 50 euros aller-retour en classe économique. « Le contexte géopolitique actuel au Moyen-Orient a entraîné une hausse importante et soudaine des prix des carburants, notamment du kérosène », résume Air France-KLM, qui assume une décision toujours impopulaire mais rarement évitable quand l’énergie s’emballe.
Quand le carburant flambe, le billet suit
Le mouvement n’a rien d’isolé: SAS, Cathay Pacific, Air India ou encore Qantas ont déjà dégainé des surcharges ces derniers jours, signe qu’un même courant traverse toute l’industrie. Le carburant d’aviation a grimpé jusqu’à près de 168 dollars le baril selon l’indice Platts, tandis que le Brent a repassé brièvement les 100 dollars, malgré des libérations de stocks destinées à calmer le jeu. Et le lecteur l’aura compris: l’aérien vit au rythme du réacteur, pas au tempo des communiqués. Sur le long-courrier, la part du carburant dans la facture pèse lourd, et tout détour pour éviter une zone à risque, toute prime d’assurance qui gonfle, se transforme vite en euros au moment de payer.
Reste que toutes les compagnies ne réagissent pas au même rythme. Transavia, la low-cost du groupe, explique ne pas avoir pris de décision d’augmentation à ce stade, tout en gardant l’œil sur l’évolution des marchés. Air France-KLM, de son côté, dispose d’un amortisseur partiel grâce à sa politique de couverture, avec 70% de ses approvisionnements sécurisés pour le trimestre en cours et le suivant, puis 60% pour le prochain, mais aucun filet n’attrape un choc durable si les cours restent haut perchés. Dans une économie déjà sensible à la moindre poussée inflationniste, ces hausses sur les billets long-courriers dessinent une perspective simple: si le kérosène s’installe au sommet, voyager loin risque de redevenir un luxe plus assumé, plus sélectif, et surtout plus cher.