Le deuxième trimestre 2025 a souri au groupe Air France-KLM, qui a vu son bénéfice net bondir à 649 millions d’euros, contre 165 millions un an plus tôt. Une performance inattendue au vu du contexte fiscal et géopolitique tendu, mais qui confirme la stratégie de recentrage opérée par la compagnie.
Rentabilité retrouvée dans un ciel chargé
Entre avril et juin, le groupe a transporté 27,3 millions de passagers, soit 5,9 % de plus qu’à la même période l’an dernier. Une progression alimentée notamment par la demande en classe premium et soutenue par la baisse des prix du carburant, qui a allégé la facture de 200 millions d’euros. S’y ajoutent une gestion budgétaire plus stricte, la réduction de la dette et une rentabilité par passager en hausse. Cette solidité financière tranche avec les obstacles rencontrés : flambée des taxes à Schiphol, hausse de la taxe de solidarité sur les billets en France (impact estimé jusqu’à 170 millions d’euros annuels), tensions au Moyen-Orient ou encore incertitudes commerciales avec les États-Unis. Malgré cela, le chiffre d’affaires grimpe à 8,4 milliards d’euros, en hausse de 6,2 %.
Ambitions européennes revues à la hausse
Ce regain de forme s’accompagne d’un appétit renouvelé pour la consolidation du secteur aérien européen. Le groupe franco-néerlandais, déjà actionnaire de SAS depuis 2024, vise désormais une prise de contrôle majoritaire à hauteur de 60,5 %. Autre cible déclarée : TAP Air Portugal, dont le gouvernement prépare la privatisation. En revanche, Air France-KLM a tourné la page Air Europa après l’échec des négociations avec Globalia, malgré une offre de rachat de 300 millions d’euros pour 51 % du capital. En Bourse, la publication des résultats n’est pas passée inaperçue : l’action bondissait de 5,7 % jeudi matin. Porté par des fondamentaux solides et une stratégie claire, le groupe entend bien rester dans la course malgré les turbulences réglementaires et concurrentielles.