Les droites radicales européennes prennent leurs distances avec Trump sur le Groenland
Les droites radicales européennes prennent leurs distances avec Trump sur le Groenland

Les partis d’extrême droite et populistes européens, longtemps prompts à saluer Donald Trump, cherchent désormais à s’en démarquer face à sa volonté affichée d’acquérir le Groenland, une initiative largement impopulaire sur le continent.

Pendant plusieurs années, l’administration Trump a publiquement soutenu des formations européennes partageant ses positions sur l’immigration, le climat ou la souveraineté nationale, contribuant à renforcer leur légitimité politique. Mais la stratégie américaine au Groenland, perçue comme une remise en cause directe de la souveraineté européenne et de l’équilibre transatlantique, place aujourd’hui ces partis face à un dilemme.

En Allemagne, le parti Alternative für Deutschland a vivement critiqué le président américain. Sa coprésidente Alice Weidel a accusé Trump d’avoir rompu une promesse centrale de sa campagne en s’ingérant dans les affaires d’autres pays, tandis que Tino Chrupalla a dénoncé des méthodes relevant du « Far West ». Cette prise de distance intervient alors que l’opinion publique allemande se montre de plus en plus hostile à Trump.

En France, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a appelé l’Union européenne à réagir, évoquant l’activation de mécanismes de défense économique face aux menaces américaines, notamment les droits de douane brandis par Washington pour faire pression sur ses alliés européens.

Au Royaume-Uni, le parti populiste Reform UK, longtemps fier des liens entre son leader Nigel Farage et Trump, s’est montré plus réservé, jugeant inattendues les menaces économiques visant des alliés historiques. En Suède, Mattias Karlsson, figure idéologique des Démocrates de Suède, a été encore plus sévère, estimant que Trump nuisait à toute cause qu’il soutenait.

Tous les partis ne se sont toutefois pas exprimés aussi clairement. Certains mouvements, comme le Parti pour la liberté néerlandais ou le parti espagnol Vox, ont préféré rester silencieux sur le Groenland, tout en saluant d’autres initiatives américaines, notamment en Amérique latine. En Europe centrale, des dirigeants comme Viktor Orban ont plaidé pour un règlement strictement bilatéral entre Washington et Copenhague.

En Italie, la Première ministre Giorgia Meloni, souvent considérée comme l’une des dirigeantes européennes les plus proches de Trump, a qualifié l’idée de sanctions commerciales contre l’Europe d’« erreur », tout en privilégiant une désescalade par le dialogue. Son vice-Premier ministre Matteo Salvini a, à l’inverse, imputé les tensions actuelles aux décisions européennes d’envoyer des troupes au Groenland.

Cette séquence illustre les limites d’une convergence idéologique transatlantique fondée sur le nationalisme. Face à un dossier touchant directement à la souveraineté et à la sécurité européennes, même les alliés politiques traditionnels de Trump semblent contraints de tracer une ligne rouge.

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