L’emploi salarié du secteur privé en France a terminé l’année 2025 sur une note négative, malgré une activité économique jugée résistante. Selon une estimation provisoire de l’Insee publiée ce vendredi, 28 700 emplois ont été détruits au quatrième trimestre 2025 (-0,1 %), un niveau proche de celui du trimestre précédent.
Sur l’ensemble de l’année, le constat est plus net : l’emploi privé recule de 0,2 %, soit 40 800 emplois supprimés entre fin 2024 et fin 2025. Ce repli confirme un retournement de tendance après plusieurs années de créations nettes, et pourrait constituer un cinquième trimestre consécutif de baisse, sous réserve de confirmation définitive des chiffres.
industrie, construction et intérim : les secteurs qui tirent vers le bas
Le repli s’explique surtout par la dynamique dégradée dans plusieurs secteurs clés. Dans l’industrie (hors intérim), l’emploi recule de 0,4 % sur un an, soit 13 100 postes perdus, dans un contexte où davantage d’usines ont fermé que de sites n’ont ouvert.
La construction poursuit également sa baisse : -0,2 % au quatrième trimestre (3 100 emplois détruits) et -1 % sur un an, soit 15 800 postes supprimés. Quant à l’intérim, souvent vu comme un indicateur avancé du marché du travail, il se stabilise en fin d’année mais recule de 1,1 % sur 2025, représentant 69 500 emplois détruits.
un marché du travail encore au-dessus de 2019, mais le chômage repart
L’Insee rappelle toutefois que l’emploi salarié privé reste très supérieur à son niveau d’avant-crise sanitaire : +5,3 % par rapport à 2019, soit environ +1,1 million d’emplois. Mais ce niveau élevé masque une dégradation progressive depuis 2024.
En parallèle, les indicateurs de chômage se détériorent : les dernières données de France Travail et de la Dares évoquent une hausse conjoncturelle, avec environ +40 000 inscrits supplémentaires en catégorie A (hors effets de réforme), signe d’un marché du travail qui commence à se tendre à nouveau.